SlateAfrique

mis à jour le

C'est officiel, la Libye est libre

«Levez-vos têtes. Vous êtes des Libyens libres», s’est exclamé le vice-président du Conseil National de Transition libyen (CNT), Abdel Hafez Ghoga, trois jours après la mort du colonel Kadhafi. Dans la joie et l’euphorie, des dizaines de milliers de Libyens, chantant leur hymne et faisant flotter leur drapeau, ont acclamé le CNT, lorsque celui-ci a proclamé officiellement la «libération» de la Libye, le 23 octobre. Ils étaient tous rassemblés sur la grand-place de Benghazi. Un lieu symbolique, car tout proche des premiers combats de la révolution. Une façon de refermer cette période de violences, rapporte le New York Times.

Le président du CNT, Mustafa Abdel Jalil a fait deux annonces principales, dont un extrait sonore est diffusé sur RFI. D’abord la Libye sera régie par la loi coranique, la charia:

 «Nous sommes un pays islamique. Nous considérons l’islam comme le cœur de notre nouveau gouvernement. La Constitution sera basée sur notre religion, l’islam (…). Toute loi qui violera la charia sera légalement nulle et non avenue.»

Les premières mesures concerneront notamment la mise en place de banques islamiques, qui «interdiront l’usure». Aussi, la loi qui autorisait le divorce et interdisait la polygamie ne sera plus en vigueur.

Abdel Jalil a également affirmé que le CNT nommera un nouveau gouvernement par interim, d’ici trois mois. L'élection d’un Conseil national de 200 membres aura lieu dans huit mois.

La révolution est peut-être «terminée», comme l’a proclamé Abdel Jalil, mais tout reste encore à faire. Le New-York Times rappelle que le Conseil national de transition est très affaibli par les divisions. Il doit faire face à des rivalités entre les régions. Certains l'accusent même de favoriser les régions de l’est de la Libye dans le choix du gouvernement par intérim. Des tensions importantes existent aussi dans son propre camp. En effet, les islamistes ont prévenu les autres membres du CNT: ils ne les laisseront pas les mettre sur la touche.

Lu sur le New York Times, RFI