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Ethiopie: écrasante victoire de la coalition au pouvoir aux législatives

La coalition au pouvoir en Ethiopie a sans surprise remporté une écrasante victoire aux législatives de dimanche, selon des résultats partiels publiés mercredi: le Premier ministre Hailemariam Desalegn devrait donc être reconduit à la tête du deuxième pays le plus peuplé d'Afrique.

Les élections de dimanche, les premières depuis la mort en 2012 de Meles Zenawi, homme fort du pays pendant plus de 20 ans, étaient largement considérées comme jouées d'avance.

La seule inconnue était l'ampleur de la victoire du Front démocratique révolutionnaire des peuples éthiopiens (EPRDF) qui, depuis un quart de siècle, domine sans partage la vie politique de ce pays considéré comme un pôle de stabilité dans une région en proie à l'extrémisme islamiste.

La coalition au pouvoir a raflé les 442 sièges pour lesquels le dépouillement est achevé, sur un total de 547, a affirmé le président de la Commission électorale, Merga Bekena.

Dans la capitale Addis Abeba, elle a remporté l'ensemble des 23 sièges, reprenant à l'opposition l'unique siège qu'elle détenait dans l'Assemblée sortante.

Selon Merga Bekena, le taux de participation a dépassé les 90%, alors que 36,8 millions d'Ethiopiens étaient inscrits pour ce scrutin.

Pour le porte-parole du gouvernement, Shimeles Kemal, les Ethiopiens ont récompensé dimanche le "parti au pouvoir pour les progrès économiques" engrangés dans le pays. Selon lui, la volonté de "stabilité, paix et sécurité" a joué un rôle majeur dans leur décision, et "au vu de la faiblesse et de la fragmentation de l'opposition et de l'absence d'alternative viable, un raz-de-marée du parti au pouvoir était prévisible".

Aucun responsable de l'opposition n'avait à ce stade réagi.

La population n'avait montré que peu d'intérêt pour la campagne.

La coalition au pouvoir avait déjà remporté une écrasante majorité aux élections de 2010: deux sièges seulement lui avaient échappé, un était allé à un candidat de l'opposition et l'autre à un indépendant.

Cette année, l'unique député d'opposition ne se représentait pas. Et le scrutin avait été reporté à une "date indéterminée" dans la circonscription du seul candidat indépendant.

- Irrégularités -

Les partis d'opposition ont dénoncé une campagne électorale verrouillée par le pouvoir, affirmant que leurs candidats avaient été régulièrement harcelés par les forces de sécurité et empêchés de faire campagne.

Aucun observateur occidental n'était présent pour ce scrutin. Ceux de l'Union africaine ont noté quelques irrégularités le jour du vote, soulignant notamment que dans 21% des cas, les présidents de bureau de vote n'ont pas ouvert l'urne pour montrer qu'elle était vide avant de commencer le vote, mais ils ont malgré tout validé les élections, jugeant qu'elles avaient été "calmes, pacifiques et crédibles".

Meles avait été crédité de la reconstruction économique du pays après les années noires de la famine. L'Ethiopie a affiché une croissance économique de plus de 10% par an sur les cinq dernières années, selon la Banque mondiale.

Ces trois dernières années, Hailemariam Desalegn, inconnu du grand public mais adoubé par Meles lui-même, a poursuivi sa politique de grands travaux et promis de donner davantage d'espace à l'opposition.

Malgré ces promesses, les partis d'opposition accusent encore l'EPRDF d'user de tactiques autoritaires pour conserver sa position dominante.

Les organisations internationales de défense des droits de l'Homme dénoncent, elles, régulièrement des atteintes à la liberté d'expression, des arrestations arbitraires et des tentatives pour étouffer toute forme de pluralisme.

Mercredi, les Etats-Unis ont regretté ne pas avoir pu observer les élections et se sont dit toujours préoccupés par les "restrictions" imposées à la société civile, aux médias et aux partis d'opposition dans le pays. 

L'Union européenne a aussi dénoncé les arrestations de journalistes, de responsables d'opposition et la fermeture de médias qui ont eu, selon elle, "un impact négatif sur l'environnement électoral", tout en insistant sur la qualité de son partenariat avec l'Ethiopie.

Car le pays est considéré par les Occidentaux, Etats-Unis en tête, comme un allié clé dans la lutte contre l'extrémisme islamiste dans la Corne de l'Afrique. 

Addis Abeba entretient un contingent de plus de 4.000 soldats au sein de l'Amisom, la force militaire de l'Union africaine qui combat les islamistes shebab - affiliés à Al-Qaïda - en Somalie voisine, plongée dans le chaos depuis plus de 20 ans.

AFP

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