Tunisie: la déferlante Ennahda

Le parti islamiste tunisien Ennahda pourrait remporter la majorité absolue aux élections pour l'Assemblée Constituante du 23 octobre, selon les premières tendances.

Le chef d'Ennahda Rached Ghannouchi affiche son optimisme après avoir voté en Tunisie le 23 octobre, REUTERS/Jamal Saidi

Mise à jour le 28 octobre 2011, 13h55 mn:Hechmi Haamdi, le richissime homme d'affaires tunisien qui a remporté avec sa liste «Pétition populaire»19 sièges dans l'assemblée constituante, a annoncé jeudi le retrait de l'ensemble de ses listes après leur invalidation partielle par la commission électorale. Le parti islamiste Ennahda a remporté les élections du 23 octobre en Tunisie avec «41,47% des sièges» de la nouvelle assemblée constituante, selon le résultat final provisoire annoncé jeudi soir par la commission électorale.

***

Lundi matin: après la fête électorale, le retour à la réalité? Le camp démocrate tunisien se réveille avec ce qui ressemble fort à une gueule de bois. Certes, les résultats définitifs ne sont pas encore connus mais les tendances iraient toutes dans le même sens. Ennahda, le parti islamiste, aurait fait le plein des voix. Du coup, le pronostic habituellement partagé qui tablait sur un score de 30% pour le parti de Rached Ghannouchi est de plus en plus révisé à la hausse.

En privé, certains responsables de partis de gauche, n’hésitent plus à avancer le chiffre de 45% de suffrages pour Ennahda. Selon d’autres sources, dont les affirmations, encore une fois, ne sont pas encore confirmées, cette formation raflerait la majorité absolue à l’Assemblée constituante avec un taux de 55% voire 60%.

Des infractions à la loi électorale?

Bien entendu, il faudra attendre la proclamation définitive des résultats mais en ce lendemain de vote, Tunis bruisse de multiples rumeurs et informations non vérifiées. Certains accusent les islamistes d’avoir multiplié les infractions à la loi électorale.

«Ils ont loué des maisons à proximité des centres de vote et y distribuaient argent et instructions aux électeurs», accuse ainsi une militante de gauche.

D’autres regrettent l’absence d’observateurs dans de nombreux centres de vote et l’incapacité des partis démocrates à mieux s’organiser pour vérifier le bon déroulement du scrutin.

Après l'euphorie

En tout état de cause, et alors que l’euphorie d’un vote historique pour la Tunisie est encore dans l’air, les tractations politiques ont d’ores et déjà commencé. Et les questions à ce sujet sont nombreuses. Quelle sera la stratégie d’Ennahda? Ce parti va-t-il tenir sa promesse de favoriser la constitution d’un gouvernement d’union nationale, et cela même s’il obtient une forte majorité voire la majorité absolue? Va-t-il, au contraire, faire cavalier seul au risque de braquer une partie de la société sans parler de la communauté internationale?

Surtout, quelle va être la position des principaux partis démocratiques? Ettakatol, le Pôle démocratique moderniste (PDM) et le Parti démocrate progressiste (PDP) —peut-être l’un des grands perdants du scrutin— vont-ils accepter de faire partie d’un gouvernement d’union nationale contrôlé par Ennahda? Autant de questions dont les réponses seront connues au cours des prochains jours.

Akram Belkaïd, à Tunis


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mise à jour 24/10/2011, 0 réaction (réagir)

 
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