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Crise au Burundi: Nkurunziza rejette les pressions internationales et trace une "ligne rouge"

Contesté dans la rue et sous pression de la communauté internationale, le président burundais Pierre Nkurunziza a durci le ton mardi en rejetant les pressions diplomatiques qui "sapent" les institutions et en réaffirmant que "certaines questions" ne peuvent "être sujet à débat".

"Le gouvernement est (...) profondément préoccupé par l'activité diplomatique en cours qui tend à saper et - dans une large mesure - à dénigrer les institutions républicaines et constitutionnelles" du pays, a dénoncé sur les ondes de la radio nationale le porte-parole du gouvernement Philippe Nzobonariba.

Ces déclarations interviennent un mois jour pour jour après le début des manifestations dans la capitale burundaise pour protester contre la candidature du président Nkurunziza (au pouvoir depuis 2005) à un troisième mandat lors de la présidentielle du 26 juin.

La police était de nouveau déployée en force dans les quartiers contestataires de Bujumbura mardi. Comme c'est le cas depuis plusieurs jours, les policiers tentaient de prévenir tout rassemblement. Des tirs sporadiques étaient signalés dans plusieurs quartiers.

Pour la première fois depuis un mois, des barricades ont été érigées par des groupes de manifestants dans le quartier commercial et musulman de Buyenzi, proche du centre-ville. "Buyenzi est un quartier où les gens habituellement travaillent. S'il se joint aux manifestants, c'est qu'il y a danger", a mis en garde Ali, un protestataire.

Les dirigeants des pays de la Communauté d'Afrique de l'Est (EAC) ont annoncé mardi une seconde réunion consacrée à la crise au Burundi, dimanche en Tanzanie, à Dar es Salaam. "Tous les chefs d'Etat vont venir": Tanzanie, Kenya, Ouganda, Rwanda, mais aussi Burundi, , a annoncé le secrétariat de l'EAC.

Lors d'un premier sommet de l'EAC le 13 mai à Dar es Salaam consacré à la crise burundaise, des généraux burundais avaient profité de l'absence du pays du président Nkurunziza pour annoncer un coup d'Etat, qui avait échoué deux jours plus tard.

On ignore sur quels sujets les chefs d'Etat de l'EAC s'exprimeront à Dar es Salaam: vont-ils se prononcer sur l'épineuse question du troisième mandat ou se contenter de demander un report des élections générales? 

Des législatives et des communales, déjà reportées de dix jours sous la pression internationale, sont prévues le 5 juin, avant la présidentielle du 26 juin.

 

- "Ligne Rouge" -

 

Tout en disant "apprécier les conseils de tous ceux qui sont préoccupés par la situation", le porte-parole du gouvernement Philippe Nzobonariba a averti que "certaines questions qui touchent à la souveraineté, à la constitutionnalité et à la primauté du droit qui régit la République de Burundi ne peuvent être sujet à débat", en référence à un troisième mandat du président.

"Le gouvernement ne négociera, ni ne discutera des questions qui tendent à saper ses institutions. Ceci est la ligne rouge qui doit guider ceux qui cherchent à collaborer" avec les autorités burundaises, a clairement mis en garde M. Nzobonariba, qui a fustigé les "idées et des recommandations préconçues" de "certaines délégations d'envoyés spéciaux et des comités d'éminentes personnalités dépêchées par la communauté internationale" qui ne prennent pas la peine de "vérifier les faits sur le terrain", selon lui.

Le porte-parole a par ailleurs dénoncé des "rapports (...) publiés pour diaboliser le gouvernement du Burundi" et pointé du doigt "les médias internationaux et des agents étrangers qui encouragent et soutiennent ouvertement les rumeurs accompagnées de manifestations violentes dans quelques quartiers de la capitale provoquant ainsi un exode de réfugiés dans les pays voisins".

"Le gouvernement réaffirme que les faits sur le terrain contredisent ces rapports qui inspirent les médias internationaux mais qui façonnent l'opinion internationale et régionale", a assuré M. Nzobonariba.

Les manifestations sont quasi quotidiennes depuis un mois, émaillées de heurts avec la police, avec près d'une trentaine de morts en quatre semaines. Un opposant a été assassiné samedi soir et trois personnes tuées la veille dans des jets de grenades sur la foule.

Sous l'égide de l'ONU et de l'Union africaine, un "dialogue" a été initié entre les deux parties en fin de semaine dernière, mais suspendu après les violences du weekend. 

AFP

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