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Des hommes prient devant la maison de Zedi Feruzi, le 25 mai 2015. REUTERS/Goran Tomasevic
Des hommes prient devant la maison de Zedi Feruzi, le 25 mai 2015. REUTERS/Goran Tomasevic

Au Burundi, l'assassinat d'un opposant aggrave la crise politique

Le leader d'un petit parti politique inscrit pour l'élection présidentielle a été assassiné samedi 23 mai devant son domicile.

Les assassins n'ont pas été retrouvés. Mais tout Bujumbara murmure qu'il s'agit d'une basse-oeuvre de la garde-présidentielle de Pierre Nkurunziza, le président contesté depuis qu'il a modifié de force la constitution du Burundi pour briguer un troisième mandat lors de l'élection du 26 juin. 

>>Lire aussi: Les conditions dramatiques endurées par les réfugiés burundais

Samedi 23 mai en soirée, l'activiste Zedi Feruzi, leader d'un petit parti d'opposition, a été tué de balles à bout portant devant la porte de son domicile, alors qu'il était entouré de ses gardes-du-corps, dont l'un est également décédé dans l'attaque. Selon des témoins, cités par le quotidien français Libération dans l'édition daté du lundi 25 mai, quatre assaillants seraient sortis d'une voiture armés de fusils automatiques. "Ils portaient des uniformes de la garde présidentielle", a confié Abdul Nsengiyimva, un voisin qui dit avoir assisté à la scène. Une information appuyée par un journaliste qui se trouvait avec le leader du parti de l'Union pour la paix et le développement (UPD) au moment de son assassinat. 

Les obsèques de Zedi Feruzi ont eu lieu au Burundi dimanche midi, alors que l'opposition a appelé à une manifestation massive dans les rues de Bujumbara ce lundi 25 mai pour protester contre un pouvoir au comportement dictatorial et violent. 

Dans un communiqué, le comité qui mène le mouvement de révolte populaire contre le troisième mandat du Président a déclaré qu'il suspendait sa participation au dialogue avec le gouvernement initié par les Nations unies. Dans le camp opposé, la présidence du Burundi a également publié un communiqué dans la journée de dimanche, affirmant que "le gouvernement appelle ses partenaires politiques à démentir toute spéculation sur un lien entre le pouvoir en place et l'assassinat de Zedi Feruzi." Un tweet publié sur le compte de la présidence a aussi rendu hommage à l'opposant assassiné.

Mais au Burundi l'opposition ne croit plus en les paroles du gouvernement et le dialogue semble définitivement brisé à l'approche d'une élection présidentielle à haut-risque. "On ne dialoguera pas dans le sang et sous la menace de mort!", a dénoncé le Comité de la campagne contre le troisième mandat

Slate Afrique

La rédaction de Slate Afrique.

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