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Au Zimbabwe, des prisons surpeuplées, des détenus morts de faim

Des parlementaires zimbabwéens ont découvert mercredi le terrible sort réservés aux prisonniers qui, faute d'argent public, meurent de faim dans des cellules souvent surpeuplées.

La visite de la prison de Chikurubi, à laquelle a pu participer l'AFP, était organisée à l'intention des membres de la commission des droits de l'Homme.

Selon des avocats défenseurs des droits de l'Homme, plus de 100 prisonniers seraient morts en 2013 au Zimbabwe de maladies liées à la malnutrition, une tragédie admise par les autorités elles-mêmes.

"La nourriture n'est pas appropriée, nous n'en avons pas assez", rapporte à l'AFP Ernest Pambayi, l'officier en charge de la prison de haute sécurité de Chikurubi.

D'ailleurs, dans cet établissement pénitentiaire de la banlieue de Harare, quatre prisonniers ont été abattus et plusieurs blessés il y a deux mois lors d'émeutes de la faim.

La surpopulation est aussi un énorme problème dans les 46 prisons du pays, où sont détenus quelque 20.000 prisonniers pour une capacité de 17.000 places.

"La nourriture qu'on nous sert n'est pas saine", se plaint un détenu en bermuda blanc et tee-shirt à manches courtes, l'uniforme de la prison.

La direction de la prison a été avertie de cette visite il y a bien longtemps et il est impossible de dire si les conditions observées par la commission parlementaire sont proches de celles connues d'habitude par les détenus.

"Nous n'avons le droit à l'eau courante que trois fois par semaine et c'est dangereux pour la santé", déplore un condamné, tout en poussant les élus à jeter un coup d'½il aux toilettes situées dans sa cellule.

Les prisonniers racontent aux parlementaires le froid, le manque de nourriture, de soins, les coupures d'eau et d'électricité... 

Face aux élus, Ernest Pambayi confirme que le manque d'argent empêche la direction de fournir couvertures, médicaments et autres  produits indispensables à une vie décente.

A l'hôpital de la prison, des malades gisent à même le sol, tandis que les traitements de base, comme les antalgiques et les antibiotiques, manquent.

La surveillante Jean Mutusvu dit encourager les proches des détenus à apporter leurs propres médicaments.

Robert Mugabe, qui a présidé le Zimbabwe depuis son indépendance en 1980, a passé 10 ans comme prisonnier politique, période durant laquelle il passa deux diplômes en droit, avant de mener la guérilla contre la domination blanche.

Ses opposants l'accusent d'avoir ruiné son pays dans les années 2000 par des mesures économiques inappropriées.

AFP

Ses derniers articles: Algérie: Amnesty dénonce des "expulsions massives illégales" de Subshariens  Paris, Le Caire, les ventes d'armes et les droits de l'homme  Sebastien Ajavon 

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