mis à jour le

Pierre Nkurunziza, le 17 mai 2015. REUTERS/Goran Tomasevic
Pierre Nkurunziza, le 17 mai 2015. REUTERS/Goran Tomasevic

Pierre Nkurunziza tente de détourner l'attention en agitant la menace des Shabab

Le Président du Burundi a fait son premier discours officiel dimanche, quelques jours après le coup d'Etat raté mené contre son gouvernement.

Le Président du Burundi Pierre Nkurunziza a fait sa première apparition en public, dimanche, depuis la tentative de putsch manquée contre son gouvernement la semaine dernière. Mais le chef d'Etat du Burundi n'a pas dit un mot de cette crise politique, ni des manifestations massives contre sa décision de briguer un troisième mandat présidentiel lors de l'élection du 26 juin. 

À l'inverse, Pierre Nkurunziza a évoqué lors de son discours des menaces terroristes qui, selon lui, menaceraient son pays. "J'ai décidé de venir à mon bureau ce dimanche dans le but de discuter avec mes partenaires kényans et ougandais des mesures à prendre pour protéger nos citoyens contre Al-Shabab (le groupe terroriste somalien)", a déclaré le Président burundais. 

Mais un porte-parole du groupe Al-Shabab a nié toute attaque contre le Burundi dans une déclaration faite à l'agence de presse Reuters. "Nous pensons que c'est une tentative pour appaiser ses concitoyens qui manifestent dans la rue contre sa politique dictatoriale, ou une façon de détourner l'attention du monde de lui-même pendant qu'il prépare une répression de masse contre ses opposants", a t-il expliqué. 

Le Burundi a fourni le deuxième plus fort contingent d'hommes dans le cadre de la mission de l'Union africaine en Somalie avec 5.432 soldats. Les Shabab ont déjà mené des attaques terroristes au Kenya et en Ouganda en guise de représailles, mais jamais au Burundi pour le moment. 

Les opposants à Pierre Nkurunziza l'accusent d'avoir violé les accords d'Arusha, signés en l'an 2000, après une sanglante guerre civile entre Tutsi et Hutu. La Constitution de 2005 interdit à un Président de réaliser plus de deux mandats à la tête du pays. Mais Pierre Nkurunziza affirme qu'il a été élu par le Parlement en 2005, année de son arrivée au pouvoir, et non par le peuple. Sous sa pression, la cour constitutionnel a modifié la Constitution pour lui permettre de briguer un troisième mandat. 

New York Times Africa

Ses derniers articles: Pierre Nkurunziza tente de détourner l'attention en agitant la menace des Shabab  Ebola: Obama lance un appel pour reconstruire les systèmes de santé des pays touchés  Ouganda: cette presse qui veut envoyer les gays au bûcher 

Burundi

AFP

Casques bleus soupçonnés d'abus sexuels en Centrafrique: le Gabon et le Burundi promettent des sanctions

Casques bleus soupçonnés d'abus sexuels en Centrafrique: le Gabon et le Burundi promettent des sanctions

AFP

Le Burundi demande

Le Burundi demande

AFP

Le journaliste vainqueur du prix Peter Mackler espère que le Burundi "puisse être guéri"

Le journaliste vainqueur du prix Peter Mackler espère que le Burundi "puisse être guéri"

Pierre Nkurunziza

Politique

Comment la dérive autocratique du Burundi est influencée par le Rwanda

Comment la dérive autocratique du Burundi est influencée par le Rwanda

FIFA

Quand Sepp Blatter était envoyé au Burundi pour convaincre Nkurunziza de se retirer

Quand Sepp Blatter était envoyé au Burundi pour convaincre Nkurunziza de se retirer

Politique

Comment le pouvoir burundais tente de s'auto-convaincre de sa légitimité

Comment le pouvoir burundais tente de s'auto-convaincre de sa légitimité