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RDC: la contestation populaire gagne du terrain après les massacres dans l'Est

La contestation populaire contre les autorités congolaises dans la région de Beni s'est élargie mercredi à d'autres villes de cette zone de l'est de la République démocratique du Congo frappée par une succession de massacres depuis octobre, selon plusieurs témoins.

A Beni, dans le nord de la province du Nord-Kivu, "tout reste fermé" pour le troisième jour de suite, a affirmé à l'AFP Gilbert Kambale, un des instigateurs du mouvement "ville morte" lancé lundi : "pas d'école, pas de marché, pas de boutique ouverte" à Beni".

"Les populations de Oicha [...] et de Butembo ont emboité le pas" à la contestation, a ajouté M. Kambale, joint au téléphone de Goma, la capitale du Nord-Kivu.

Place commerciale importante à 250 km au nord de Goma, en particulier pour le commerce et le trafic du bois dans la région des Grands Lacs, Beni compte environ 500.000 habitants.

Un conducteur de taxi-moto de la ville, Eric Muhindo, a confirmé la poursuite du mouvement "ville morte", indiquant que cela commençait à devenir lourd à supporter pour la population. "Je n'ai pas travaillé depuis lundi. Il m'est difficile de nourrir ma famille", a-t-il déclaré. 

Depuis octobre, plus de 300 personnes ont été tuées à l'arme blanche à Beni et dans ses environs dans une série de massacres attribués aux rebelles ougandais musulmans des Forces démocratiques alliées (ADF).

Après une nouvelle tuerie ayant coûté la vie à six personnes lundi, selon un nouveau bilan officiel après le décès d'un blessé, des centaines d'habitants sont descendus dans les rues de Beni mardi en scandant des slogans hostiles à l'armée, au gouvernement ou au président Joseph Kabila.

Arrivé à Beni mardi soir, accompagné du ministre de l'Intérieur Évariste Boshab, le gouverneur du Nord-Kivu Julien Paluku a appelé mercredi la population à reprendre le travail.

A Butembo (plus d'un million d'habitants, à 50 km au sud de Beni), "tout est fermé", selon Joseph Paluku, directeur d'une école secondaire. L'opération "ville morte" va réveiller les autorités provinciales et nationales" pour garantir la sécurité de la population espère un avocat, Arthur Malekani. 

Situation analogue à Oicha (30 km au nord de Beni, environ 130.000 habitants), où l'activité économique a été paralysée, selon Jean-Paul Ngahangondi, un responsable de la société civile locale, et Édouard Kapita, vendeur de carburant.

Le Nord-Kivu est déchiré par des conflits depuis plus de vingt ans. Depuis début mai la situation s'est fortement dégradée dans la région de Beni, où 14 civils et deux soldats de la Mission de l'ONU au Congo (Monusco) ont été tués dans trois attaques imputées aux ADF.

AFP

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