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Côte d'Ivoire: l'arrestation d'opposants, un "signal préoccupant", selon Amnesty

L'organisation Amnesty International a dénoncé jeudi dans un communiqué les conditions d'arrestation et de détention de trois cadres du parti en crise de l'ex-chef de l'État Laurent Gbagbo, un "signal préoccupant" à quelques mois de l'élection présidentielle.

"L'arrestation et la détention de trois membres de l'ancien parti au pouvoir en Côte d'Ivoire, à cinq mois de l'élection présidentielle, portent toutes les apparences d'une pression sur l'opposition" et envoient "un signal préoccupant", dénonce le communiqué. 

Interpellés lundi, les trois hommes comptent parmi les organisateurs le 30 avril d'une réunion de "frondeurs" ayant désigné M. Gbagbo, actuellement détenu par la Cour pénale internationale (CPI), "président" du Front populaire ivoirien (FPI), une démarche jugée sans "aucune valeur" par la direction de ce parti divisé à l'approche de la présidentielle d'octobre.

Les trois responsables interpellés, les ex-ministres Sébastien Dano Djédjé et Hubert Oulaye, ainsi que Justin Koua, un responsable de la jeunesse du parti pro-Gbagbo, ont été placés mardi sous mandat de dépôt.

Selon Amnesty International, "une trentaine de membres des forces de l'ordre" auraient menotté la petite-fille de M. Oulaye et l'auraient battue "pour qu'elle indique où se trouvait son grand-père". 

Cette dernière est actuellement à l'hôpital pour traiter ses blessures, selon l'ONG qui réclame l'ouverture d'une "enquête indépendante et impartiale".

MM. Djédjé et Koua sont poursuivis pour "discrédit sur une décision de justice, violence et voies de faits sur les forces de l'ordre, rébellion et atteinte à l'ordre public".

Hubert Oulaye, un ancien député de Guiglo (ouest), est accusé de "complicité d'assassinat de militaires de l'Onuci dans l'ouest du pays". Sept Casques bleus nigériens de l'Opération de l'ONU en Côte d'Ivoire (Onuci) et huit civils avaient été tués en juin 2012 près de Guiglo.

Amnesty International dénonce également les conditions de détention de M. Oulaye, incarcéré "dans une cellule non ventilée alors qu'il souffre de diabète et d'hypertension artérielle". 

M. Koua a de son côté été transféré dans un centre médical pour traiter des "blessures non spécifiées", ajoute l'ONG.

Le FPI s'enfonce dans la crise à quelques mois de la présidentielle d'octobre, un scrutin jugé crucial pour la stabilité du pays et dont le président sortant Alassane Ouattara est le grand favori.

Un camp, derrière le président du FPI Pascal Affi N'Guessan, veut présenter un candidat à la présidentielle. Mais le camp rival refuse un tel scénario et fait de la libération de M. Gbagbo "le coeur de la stratégie de lutte du parti".

Le procès de Laurent Gbagbo s'ouvrira le 10 novembre prochain. L'ex-président ivoirien est écroué depuis fin 2011 à La Haye par la CPI pour des "crimes contre l'humanité" présumés commis lors de la crise postélectorale de 2010-2011, qui fit plus de 3.000 morts.

AFP

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