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Burundi: l'environnement "pas propice"

L'environnement n'est "pas propice" à la tenue d'élections au Burundi, a déclaré la présidente de la Commission de l'Union africaine (UA) Nkosazana Dlamini-Zuma, dans un entretien à la télévision chinoise CCTV diffusé jeudi.

"L'environnement n'est pas propice à une élection. On ne peut pas aller dans un pays, rencontrer des réfugiés qui fuient, et dire +Nous allons observer les élections+", a-t-elle déclaré la chef de l'exécutif de l'UA. "Dans l'état actuel des choses, je ne vois même pas comment des élections peuvent avoir lieu".

La capitale burundaise Bujumbura est le théâtre depuis le 26 avril de manifestations d'opposants à un troisième mandat du président Pierre Nkurunziza, émaillées de heurts parfois violents avec la police ou les jeunes du parti au pouvoir, les Imbonerakure qualifiés de "milice" par l'ONU.

Les violences ont déjà fait 15 morts, dont un manifestant jeudi encore.

Ces dernières semaines, selon l'ONU, plus de 35.000 Burundais se sont réfugiés dans les pays voisins: République démocratique du Congo, Tanzanie et surtout Rwanda. Au Rwanda, les réfugiés disent fuir des campagnes d'intimidation perpétrées par les Imbonerakure contre les opposants à Pierre Nkurunziza.

Pierre Nkurunziza, élu en 2005 et réélu en 2010, a été investi le 25 avril par son parti le Cndd-FDD pour la présidentielle du 26 juin.

Ses opposants -- la société civile et une grande partie de l'opposition politique -- jugent un troisième mandat anticonstitutionnel et contraire aux accords d'Arusha qui avaient ouvert la voie à la fin d'une longue guerre civile (1993-2006).

Son camp estime la démarche parfaitement légale et la Cour constitutionnelle, jugée inféodée au pouvoir par les anti-troisième mandat, lui a donné raison.

"Quelle genre d'élection peut avoir lieu dans ces conditions? En tant qu'UA, nous prévoyions d'envoyer des observateurs à long terme, mais nous ne pouvons plus maintenant", a ajouté Mme Dlamini-Zuma.

"A part la Cour (constitutionnelle) burundaise, toutes les autres interprétations que nous avons de la Constitution est que (...) il ne devrait pas y avoir de troisième mandat", a-t-elle poursuivi.

"De mon point de vue, s'il y a une Constitution, elle doit être respectée", a-t-elle ajouté. "S'il y a besoin de l'amender, il faut un consensus à travers tout le pays sur son amendement. Cela ne peut pas être fait unilatéralement par une partie de la population".

"Maintenant, nous sommes dans une situation où les pays voisins reçoivent des réfugiés du Burundi, ce qui était précisément ce que nous essayions d'éviter".

Le scrutin présidentiel est précédé le 26 mai de législatives.

AFP

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