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Crise politique au Burundi: discussions entre gouvernement et opposants

Le gouvernement burundais a entamé sous la pression internationale des discussions informelles avec les opposants à un troisième mandat du président Pierre Nkurunziza pour tenter de trouver une issue à la crise politique que traverse le pays, a affirmé mercredi un diplomate.

"C'est la réunion de la dernière chance", a jugé le diplomate, précisant qu'elle se déroulait depuis mardi soir sous l'égide de la Mission électorale des Nations unies.

"Ils doivent aboutir à des solutions très concrètes pour que les élections puissent avoir lieu dans des conditions acceptables", a-t-il ajouté, affirmant que la communauté internationale menaçait, en cas d'échec, de ne plus financer le processus électoral.

Une source gouvernementale, s'exprimant comme le diplomate sous couvert d'anonymat, a confirmé que le pouvoir avait "accepté de discuter avec quelques partenaires de la société civile et de l'opposition pour trouver une solution".

Un des leaders de la campagne anti-troisième mandat, qui participe à la réunion, s'est cependant montré sceptique sur son issue, expliquant que le gouvernement refusait de discuter du coeur du problème: le troisième mandat.

"Nous avons discuté jusque tard dans la nuit", a-t-il dit, lui aussi sous couvert d'anonymat. "Mais j'ai peur qu'on ne puisse pas aboutir car le gouvernement ne veut pas discuter du 3e mandat de Nkurunziza. Mais cette question est non négociable pour nous".

Le Burundi tient le 26 mai des élections législatives et communales, et le 26 juin une présidentielle.

Pierre Nkurunziza, élu une première fois par le Parlement en 2005 et une deuxième fois au suffrage universel direct en 2010, a officiellement été investi le 25 avril candidat au scrutin présidentiel par son parti, le Cndd-FDD.

Depuis, les opposants à un troisième mandat, menés par la société civile et une partie de l'opposition politique, manifestent dans les rues de la capitale.

Les défilés ont été émaillés de heurts parfois violents: ils sont interdits par les autorités et réprimés par une police qui n'hésite pas à tirer à balles réelles.

Les violences ont déjà fait 14 morts depuis le début du mouvement, dont 10 parmi les manifestants, que le gouvernement qualifie de "terroristes".

Les opposants à une nouvelle candidature de Pierre Nkurunziza jugent un troisième mandat inconstitutionnel, ce que le camp présidentiel conteste.

Mardi, la Cour constitutionnelle a donné raison au chef de l'Etat sortant, une décision que refusent de reconnaître les anti-troisième mandat: selon eux, la Cour est inféodée au pouvoir et son arrêt était joué d'avance.

AFP

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