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Une femme et ses enfants sauvés par l'armée nigériane dans la forêt de Sambisa, le 3 mai 3015. Photo REUTERS/Afolabi Sotunde
Une femme et ses enfants sauvés par l'armée nigériane dans la forêt de Sambisa, le 3 mai 3015. Photo REUTERS/Afolabi Sotunde

Plus de 200 femmes ex-otages de Boko Haram sont enceintes

Près de 700 femmes et enfants ont été sauvés la semaine dernière des insurgés qui les retenaient dans la forêt de Sambisa, l'un des fiefs de la secte islamique.

C'est l'un des plus «gros succès» de l'armée nigériane dans sa lutte qui l'oppose au groupe terroriste Boko Haram. Près de 700 femmes et enfants ont été sauvés la semaine dernière dans la région de la forêt de Sambisa, l'un des fiefs de la secte islamique. Dimanche 3 mai, les autorités du Nigeria ont annoncé avoir transféré 275 femmes et enfants dans un camp de déplacés situé à Yola, la capitale de l'Etat d'Adamawa.

Traumatisés et souffrant de sous-nutrition pour certains, les ex-otages reçoivent actuellement des soins post-traumatiques. Et peu à peu, les langues des anciens captifs de Boko Haram se délient, raconte Reuters dans un reportage sur place. De nombreuses femmes ont confié avoir subi des sévices sexuels, des mariages forcés et des pressions psychologiques de la part de leurs ravisseurs. 

Selon un rapport non-officiel de l'organisation des Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), 214 des femmes secourues par l'armée nigériane seraient enceintes. Il n'est pas précisé combien d'entre elles l'étaient déjà avant leur captivité, mais certaines femmes ont confié avoir échappé temporairement à un mariage forcé avec des combattants de Boko Haram car elles attendaient déjà un enfant.

Des milliers de grossesses non désirées

C'est le cas de Lami Musa, 19 ans. Elle était enceinte de quatre mois quand, il y a cinq mois, les hommes de Boko Haram ont envahi son village près de Chibok. Elle explique avoir échappé au mariage forcé, mais ses ravisseurs lui avaient dit qu'elle n'y échapperait pas une fois qu'elle aurait accouché. «Par chance, j'ai été sauvée le lendemain de l'accouchement», raconte-t-elle.

C'est à Chibok que le groupe islamiste a enlevé plus de 200 lycéennes en avril 2014, un rapt qui a bouleversé le Nigeria et ému bien au-delà de ses frontières. Cet enlèvement est devenu le symbole des rapts auxquels se sont livrés les insurgés qui, selon Amnesty International, ont enlevé environ 2.000 femmes depuis début 2014. De nombreuses filles et femmes deviennent les esclaves sexuelles d'unités de combattants de Boko Haram. 

Le directeur exécutif de l'UNFPA à Lagos, le professeur Babatunde Osotimehin, a confié que l'année dernière près de 16.000 cas de grossesses non désirées et conséquences des troubles dans le nord-est du pays avaient été recensées par l'organisation des Nations unies.

Camille Belsoeur

Journaliste à Slate Afrique. 

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