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Guinée: 20 blessés dans des affrontements entre forces de l'ordre et opposition

Au moins une vingtaine de personnes ont été blessées lundi à Conakry lors d'affrontements entre manifestants et forces de l'ordre guinéennes déployées en masse dans la capitale pour empêcher une nouvelle mobilisation nationale de l'opposition contre le calendrier électoral.

Le gouvernement du président Alpha Condé a annoncé un bilan de 29 arrestations, et 10 gendarmes et deux policiers blessés, outre deux civils dans des accidents de la circulation, provoqués, d'après lui, par l'huile répandue sur la chaussée par les protestataires.

"Quelques actes de violence et de vandalisme isolés ont éclaté au cours de ces manifestations", dont certaines n'avaient pas fait l'objet d'une autorisation, a déploré le gouvernement, assurant que le calme était revenu à 18H00 (locales et GMT).

"L'opposition a enregistré 26 blessés dont une dizaine par balles", y compris un adolescent grièvement touché, a affirmé à l'AFP son porte-parole adjoint, Mamadou Mouctar Diallo.

Il a accusé des membres des forces de l'ordre d'être entrés dans des domiciles privés pour "piller et jeter du gaz lacrymogène".

L'activité a été également perturbée dans plusieurs localités favorables à l'opposition, qui ont pris des allures de villes mortes, comme N'Zérékoré (sud-est), Labé (centre-nord), Mamou, Pita et Dalaba (centre), d'après des habitants et des médias privés locaux.

A la mi-journée, le gouvernement a fait état de manifestations autorisées qui se sont déroulées sans heurts dans certaines villes de province comme Labé, Pita et Tougué (centre-nord).

La dernière mobilisation nationale de l'opposition, le 23 avril, s'est soldée par la mort d'un de ses partisans à Labé et au moins une dizaine de blessés.

Après une journée "ville morte" à Conakry le 2 avril puis des manifestations non autorisées - avec plusieurs morts et au moins une vingtaine de blessés - au cours du mois, l'opposition cherche à étendre sa contestation à l'ensemble du territoire.

Disant craindre des fraudes de la part des exécutifs communaux désignés par le pouvoir (faute de scrutin à cet échelon depuis 2005), elle exige la révision du calendrier renvoyant les élections locales après la présidentielle d'octobre, ce qu'a catégoriquement exclu M. Condé.

 

- Manifestantes arrêtées -

 

Dans la capitale, la résidence de Cellou Dalein Diallo, chef de file de l'opposition, était cernée lundi par un cordon de police et de gendarmerie depuis les premières heures de la matinée, a indiqué M. Diallo.

Un déploiement similaire entourait les domiciles de Sidya Touré et de Baïdy Aribot, deux autres responsables de son camp, selon leur parti et leurs proches.

"Nous allons porter plainte contre les forces de l'ordre pour séquestration devant les tribunaux", a affirmé le porte-parole de l'opposition, Aboubacar Sylla.

Le grand marché de Madina, poumon économique de Conakry, était fermé, ainsi que la plupart des commerces sur les marchés de Koloma, Cosa et Gbessia, quartiers de banlieue proches de l'aéroport, selon le journaliste de l'AFP.

Des échauffourées ont opposé des jeunes aux forces de l'ordre à Wanidara (banlieue), selon des résidents, ainsi qu'à Koloma, d'après le journaliste de l'AFP. A Koloma, des manifestants ont brûlé des pneus et jeté des cailloux sur les forces de l'ordre, qui ont fait usage de gaz lacrymogènes.

A Kaloum, quartier administratif et des affaires, des manifestantes - quelques centaines de femmes selon des témoins et des journalistes, une centaine selon la police - ont tenté de marcher en criant des slogans hostiles à Alpha Condé. Elles ont été dispersées par les forces de l'ordre.

Une dizaine d'entre elles ont été arrêtées, selon les témoins, ce qu'a confirmé un policier, arguant d'une interdiction de manifester.

Policiers et gendarmes étaient présents en masse sur les principaux axes de la banlieue. Des véhicules blindés, camions et pick-up, avec des agents arborant casques, matraques et lance-grenades lacrymogènes, stationnaient aux endroits stratégiques.

Cette ancienne colonie française d'Afrique de l'Ouest qui n'a connu pratiquement, depuis l'indépendance en 1958, que pouvoirs autoritaires, coups d'Etat et répressions sanglantes, n'est toujours pas parvenue à capitaliser sur ses importantes ressources minières pour sortir de la pauvreté.

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