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Egypte: peine de mort pour cinq pro-Morsi accusés d'avoir tué des policiers

Un tribunal égyptien a condamné à mort lundi cinq islamistes accusés d'avoir tué 13 policiers en août 2013, quelques heures après que les forces de l'ordre eurent tué au Caire plus de 700 partisans de l'ex président islamiste Mohamed Morsi.

Depuis que M. Morsi a été destitué par l'armée en juillet 2013, ses partisans sont la cible d'une sanglante répression, et les autorités sont accusées d'instrumentaliser la justice dans leur lutte implacable contre les islamistes.

Des centaines de pro-Morsi ont ainsi été condamnés à mort dans des procès de masse expéditifs, qualifiés par l'ONU de "sans précédent dans l'Histoire récente" du monde.

En février, les cinq islamistes se trouvaient parmi 183 personnes condamnées à la peine de mort pour avoir attaqué un commissariat à Kerdassa, dans la banlieue du Caire, et tué 13 policiers. Cette attaque avait eu lieu quelques heures après la dispersion de deux rassemblements pro-Morsi par les forces de sécurité dans le centre du Caire, une opération au cours de laquelle quelque 700 personnes avaient été tuées.

Mais les cinq hommes avaient alors été condamnés par contumace. Après avoir été arrêtés, ils ont été rejugés par un tribunal pénal de la province de Guizeh, qui les a condamnés à mort lundi, selon un responsable du tribunal.

Les condamnés peuvent faire appel du verdict devant la Cour de cassation, qui a annulé des dizaines de condamnations à mort dans des affaires similaires, alors qu'un seul islamiste a été exécuté depuis l'éviction de M. Morsi.

Mais dans les mois qui ont suivi la destitution de M. Morsi, des centaines de manifestants islamistes ont été tués dans la répression et au moins 15.000 pro-Morsi ont été arrêtés.

L'architecte de la destitution de M. Morsi, l'ex-chef de l'armée et actuel président Abdel Fattah al-Sissi, jouit d'une forte popularité au sein d'une population lassée par quatre années d'instabilité politique. Les organisations internationales de défense des droits de l'Homme estiment que son régime est plus répressif encore que celui de Hosni Moubarak, chassé du pouvoir début 2011 par une révolte populaire.

AFP

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