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 Des soldats français à Bangui le 13 mars 2015 AFP/Archives PACOME PABANDJI
Des soldats français à Bangui le 13 mars 2015 AFP/Archives PACOME PABANDJI

La Centrafrique, championne du monde des interventions internationales

Les soldats français accusés de viols sur des enfants centrafricains étaient déployés dans le pays pour une mission de maintien de la paix de l'ONU.

La Centrafrique, où une dizaine d'enfants affirment avoir été violés en 2014 par des soldats français déployés dans le cadre de l'opération Sangaris, détient le record des interventions internationales sur son sol.

Du fait de son histoire marquée par l'instabilité, les coups d'État à répétition et l'incurie de ses dirigeants, le pays a connu plus d'une dizaine d'interventions internationales. Elles ont été conduites sous le drapeau de l'ONU, de l'Europe, de l'Union africaine ou d'organisations régionales africaines, mais aussi de la France, l'ex-puissance coloniale.

Missions de l'ONU

Dès l'arrivée au pouvoir d'Ange-Félix Patassé en 1993, le pays se retrouve dans un état de rébellion quasi-permanente. Les années 1996-97 sont marquées par des mutineries à répétition dans l'armée.

Les accords de Bangui signés début 1997 sont censés y mettre fin. La Misab (Mission interafricaine de surveillance des Accords de Bangui, 1997-1998), une coalition de pays africains agissant sous mandat onusien, est chargée de faire respecter ces accords. Sans grand succès.

La Misab sera remplacée par des missions de l'ONU (Minurca, Bonuca, Binuca) censées contribuer à la consolidation de la paix, alors que le pays s'enfonce inexorablement dans le marasme: sanglantes épurations dans l'armée, tentative de coup d'État en 2001, innombrables exactions des militaires.

Interventions régionales

Parallèlement, les organisations régionales créent leurs propres missions de "protection" et de "consolidation" de la paix, avec toujours aussi peu de résultats.

La Communauté des États sahélo-sahariens (Cen-Sad) intervient avec une Force de maintien de la paix et de la sécurité (2001-2002). La Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (Cemac) entre à son tour dans la danse avec la Fomuc (2002-2008). Puis ce sera la Micopax (2008-2013), placée sous l'autorité de la Communauté économique des États d'Afrique centrale (CEEAC).

Pour tenter de lutter contre les rebelles tchadiens et soudanais opérant à partir du territoire centrafricain, les mandats de la Minurcat (2007-2010) et de l'Eufor-Tchad (2007-2009) sont étendus à la RCA.

Lancée en décembre 2013, la Misca (Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine) est une force sous mandat de l'Union africaine. Elle comptait environ 6.000 hommes, déployés à Bangui et en province, qui ont pour la plupart été intégrés dans la nouvelle force de l'ONU, la Minusca.

Interventions en cours

Le 5 décembre 2013, Paris lance l'opération Sangaris pour faire cesser des massacres par la coalition rebelle Séléka, après un vote de l'ONU donnant mandat aux forces françaises d'intervenir. Au total, 2.000 soldats français sont déployés pour rétablir la sécurité en appui à la Misca, puis à la Minusca.

L'ONU a pris le relais de la Misca le 15 septembre 2014 avec la Minusca (Mission de l'ONU en République centrafricaine). Créée en avril 2014 par la résolution 2149 du Conseil de sécurité de l'ONU, la Minusca dispose aujourd'hui d'environ 8.600 hommes et devrait compter à terme près de 12.000 Casques bleus, soldats et policiers.

Une force européenne, l'Eufor-RCA, était présente depuis février 2014 à Bangui, où elle tentait, par un travail de proximité, de rétablir la sécurité (700 hommes au plus fort du déploiement). L'Union européenne a terminé sa mission militaire le 16 mars, et envoyé dans la foulée des formateurs européens pour les forces armées centrafricaines à Bangui.

Enfin, des militaires ougandais sont déployés dans l'est de la RCA: ils luttent, avec le soutien de forces spéciales américaines, contre la sanglante Armée de résistance du Seigneur (LRA) du rebelle Joseph Kony.

Slate Afrique avec AFP

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