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Combats entre rébellion et armée malienne

Des combats ont éclaté mercredi en fin d'après-midi entre rebelles et armée malienne, pour la première fois depuis l'année dernière, à Léré, près de la frontière mauritanienne, quelques heures après une attaque qui a coûté la vié à deux militaires et un enfant.

Cette escalade intervient au lendemain des avertissements du chef de la Mission de l'ONU au Mali (Minusma) Mongi Hamdi, déclarant "le processus de paix en danger" après la reprise des hostilités entre les groupes pro-Bamako et la rébellion, qui a fini par annoncer son intention de parapher l'accord d'Alger, près de deux mois après le camp gouvernemental.

"Les groupes de rebelles touareg armés nous attaquent depuis 16H00 (locales et GMT). Nous ripostons, et défendons nos positions", a déclaré à l'AFP un colonel de l'armée malienne joint à Léré.

L'officier supérieur a précisé que ces "rebelles touareg armés" appartenaient à la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA, rébellion à dominante touareg), indiquant que les assaillants étaient arrivés à bord de plusieurs véhicules par l'ouest de la ville.

Un élu de la localité interrogé par l'AFP au téléphone a confirmé les affrontements en cours.

"Nous sommes sous les balles. Tout le monde est caché à la maison. Les rebelles tirent, l'armée malienne aussi", a-t-il affirmé.

La CMA avait prévenu mardi soir qu'il ne lui restait "d'autre choix que celui d'user de son droit à l'exercice de la légitime défense pour protéger les populations civiles, ses hommes et ses positions" après la prise lundi par des groupes pro-Bamako de ses positions à Ménaka (nord-est), près de la frontière nigérienne.

 

- 'Mois de négociations intenses' -

 

Dans la matinée, deux membres de la garde nationale malienne, une composante de l'armée, ainsi qu'un enfant, ont été tués plus au nord-est, à Goundam (80 km de Tombouctou) par des hommes armés non identifiés.

"Des hommes armés sont venus vers 05H00 (locales et GMT) par surprise, tirer violemment dans le camp de la garde de Goundam. Deux militaires et un enfant ont été tués", a déclaré une source militaire malienne jointe dans le nord.

L'attaque, qui n'a pas été revendiquée, a été confirmée par une source sécuritaire au sein de la Minusma. "Les assaillants seraient venus de l'est. Il étaient en voiture. Ils ont également enlevé un véhicule dans le camp des gardes", a indiqué cette source.

Accusé par les rebelles qui incriminent "des éléments de l'armée malienne et de ses milices" à Ménaka, le gouvernement malien a assuré lundi avoir appris "avec une grande surprise et une forte préoccupation" les affrontements "entre certains groupes armés" dans cette ville.

M. Hamdi a réitéré mardi son "appel au calme afin de laisser toutes leurs chances au dialogue et à la paix", après l'attaque de Ménaka et des tirs mardi matin à l'extérieur de Tombouctou contre des véhicules de la force de l'ONU par la rébellion, qui a reconnu une "méprise", selon la Minusma.

Auparavant, il avait adjuré les protagonistes de ne pas dilapider les fruits de "mois de négociations intenses impliquant toutes les parties". Il a précisé avoir rencontré dimanche à Nouakchott les représentants de la rébellion qui "ont confirmé leur intention de parapher l'accord" d'Alger, avalisé le 1er mars par Bamako et ses alliés.

Le nord du Mali est tombé au printemps 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda après la déroute de l'armée face à la rébellion, d'abord alliée à ces groupes qui l'ont ensuite évincée.

Les jihadistes ont été dispersés et partiellement chassés de cette zone par une opération militaire internationale lancée en janvier 2013 à l'initiative de la France, et toujours en cours. Mais des zones entières échappent encore au contrôle de Bamako.

AFP

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