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Des affiches à l'effigie du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi. REUTERS/Mohamed Abd El Ghany
Des affiches à l'effigie du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi. REUTERS/Mohamed Abd El Ghany

Les chefs d'Etats les mieux élus d'Afrique

Dimanche 26 avril, le Soudanais Omar Al-Béchir a été réélu à la tête de son pays avec un score écrasant. Mais quels sont les chefs d'Etats les mieux élus d'Afrique? Découvrez le top 5.

1) Abdel Fattah al-Sissi (Egypte) 96,9%

96,9% des suffrages validés, forcément, ça force le respect. Mais si on se penche plus attentivement sur la victoire du militaire égyptien qui a renversé le président démocratiquement élu, Mohammed Morsi, en juillet 2013, on s’expose à une déception. Seulement 46% des Egyptiens se sont déplacés jusqu'à leur bureau de vote en mai 2014.

Il faut croire que les électeurs du candidat des Frères musulmans, désormais emprisonné, n’ont pas cru au caractère démocratique de la démarche. Mais qu’on se rassure, le maréchal Abdel Fattah est «pour la démocratie, mais pas pour l’instant»comme il l’aurait confié au président de la République François Hollande il y a quelques mois.

2) Teodoro Obiang Nguema Mbasogo (Guinée Equatoriale) 95,4%

En trente-six ans, Mbasogo ne s’est toujours pas dégoûté du pouvoir. En 2009, il a même été réélu en Guinée-Equatoriale avec le très beau score de 95,4%. C’est toutefois moins que son précédent succès avec 97% des voix.

L’ONG Humans Rights Watch, elle, prête surtout attention au cas de tortures en prison et de disparitions commodes d’opposants. Jeune homme, le futur dictateur s’était initié au maniement des armes en Espagne. A la tête des troupes de la Guinée Equatoriale dans les années 70, il renverse son oncle en 1979. Pourtant, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo a le sens de la famille. Sa mauvaise santé le force à penser à la suite, et la suite, ce pourrait bien être son fils Teodoro Obiang Nguema Mangué, actuellement deuxième vice-président du pays.

3) Omar El-Béchir (Soudan) 94,5%

Omar El-Béchir a pu se friser la moustache au matin du 27 avril en entendant le chef de la commission électorale annoncer: «Le nombre de voix obtenues par le candidat Omar Hassan Ahmed Al-Béchir, du Parti du Congrès national, est de 5.252.478, soit 94,5%.» Le dirigeant de 72 ans, à la tête du Soudan depuis 26 ans et le putsch de 1989, peut donc se maintenir au pouvoir.

Mais l’ancien général triomphe sans gloire tant il a vaincu sans péril. En face de lui, pas moins de treize candidats, c’est vrai, mais tous quasiment inconnus, les leaders de l’opposition ayant préféré se retirer en signe de protestation. Les chancelleries occidentales avaient critiqué le scrutin, estimant nulles ses chances de s’avérer démocratique. Des critiques que Béchir a balayées d’un revers de main comme des propos«colonialistes». L’homme est sous le coup d’une instruction internationale pour les massacres du Darfour.

4) Paul Kagamé (Rwanda) 93%

En 2000, le vice-président Paul Kagamé, de la communauté tutsie, parvient au sommet d’un Etat meurtri par le souvenir du génocide perpétré par les Hutus. C’est d’abord le Parlement qui l’élève à la magistrature suprême, avant qu'il ne reçoive l’onction du peuple trois ans plus tard avec 95% des voix. En 2010, il est réélu avec 93% des suffrages enregistrés.

Depuis, il mène plus que jamais le Rwanda d’une main de fer. Les dernières élections législatives ont d’ailleurs été marquées par de nombreuses pressions sur l’opposition. En 2017, il pourrait bien (tenter de) rempiler, si l’on en croit Courrier international.

5) Pierre Nkurunziza (Burundi) 91,6%

Le 26 avril, des troubles à Bujumbura, la capitale du Burundi, ont fait trois morts. La raison de la manifestation? La volonté du président Pierre Nkurunziza de se lancer pour la troisième fois à l’assaut de la fonction présidentielle. Inconstitutionnel, selon ses opposants, et une transgression des accords d’Arusha, qui avaient permis de clore la longue guerre civile burundaise.

Si les choses s’enveniment, la tenue du scrutin, fixée a priori au 26 juin 2015, pourrait être menacée. Lors de la précédente élection, en 2010, l’ancien prof de sports avait recueilli 91,6% des voix. La participation, elle, s’était établie autour de 76% des votants. Des chiffres à faire pâlir d’envie n’importe quel homme politique… sauf que, cette année-là, N’Kurunziza était le seul et unique candidat. A noter qu’il est le chef de file d’un parti baptisé le Conseil national de défense de la démocratie-Forces de la démocratie (CNDD-FDD).

Ce sujet est une adaptation de l'article: "Classement des dictateurs: Nazarbaïev reprend la première place", paru sur Slate.fr

Robin Verner

Journaliste.

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