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Des manifestants entonnent des chants anti-gouvernement, lundi 27 avril à Bujumbura. REUTERS/Thomas Mukoya
Des manifestants entonnent des chants anti-gouvernement, lundi 27 avril à Bujumbura. REUTERS/Thomas Mukoya

Au Burundi, une répression brutale contre les manifestants

Des centaines d'opposants au parti au pouvoir ont encore défilé mardi 28 avril dans certains quartiers de Bujumbara. Pierre Nkurunziza a confirmé sa volonté de présenter à l'élection présidentielle.

Les opposants contre le président du Burundi, Pierre Nkurunziza, qui a annoncé son intention de briguer un troisième mandat alors que la constitution lui interdit, n'ont pas baissé les bras après deux jours de violents affrontements avec les forces de l'ordre. Pour le troisième jour d'affilé, mardi 28 avril, des manifestants se sont rassemblés dans les rues de Bujumbara, la capitale, mais cette fois dans des quartiers périphériques de la ville, le centre-ville ayant été bouclé par les forces de l'ordre.

Le face-à-face entre les forces de l'ordre et les manifestants a repris dès les premières heures du matin ce mardi 28 avril, mais il n'y a pour le moment pas d'affrontements entre policiers et manifestants. «Le centre ville de Bujumbura est aujourd’hui calme et les magasins ont ouvert, nous confie une source proche du ministère des affaires étrangères. Même dans ces quartiers pauvres, celui de Musaga et Kanyosha, la tendance est à l’essoufflement. La virulence des débuts s’estompe et les policiers maintiennent une présence impressionnante. Il y a également une présence remarquable de l’armée. Et elle est très dissuasive.»

«Les autorités burundaises devraient respecter le droit des personnes à manifester pacifiquement», a déclaré Daniel Bekele, directeur de la division Afrique à Human Rights Watch. «La police du Burundi devrait recevoir des instructions strictes d’éviter tout recours à une force excessive.»

"Nous devons aller aux élections"

Du côté du parti de Pierre Nkurunziza, pas question de lâcher. "On ne recule pas, ça c'est hors de question", a déclaré à l'AFP Willy Nyamitwe, conseiller en communication du chef de l'Etat, estimant que le parti au pouvoir (Cndd-FDD) avait "le droit de présenter son candidat à la présidentielle de 2015 comme tous les autres partis". "Nous devons aller aux élections. C'est le peuple qui doit trancher", a-t-il ajouté, accusant certains manifestants d'emprunter "une voie de la violence" qui rappelle "les années sombres de notre histoire."

La police a jusqu'ici empêché les manifestants de quitter les quartiers périphériques de Bujumbura et de rejoindre le centre-ville, resté calme. Mais l'opposition, dont l'objectif est précisément de rallier le centre-ville, n'entend pas renoncer. "On est en train de s'organiser pour qu'on puisse y parvenir, c'est une question de jours et de stratégie", a déclaré à l'AFP Charles Nditije, l'un des principaux opposants au chef de l'Etat.

La journaliste Sonia Rolley, envoyée spéciale de la radio RFI sur place, a elle tweeté une photo des manifestations mardi matin. 

Slate Afrique

La rédaction de Slate Afrique.

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