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RDC: regain de tension

Accrochage militaire à la frontière, informations sur des "infiltrations" de soldats rwandais: au Nord-Kivu, dans l'est de la République démocratique du Congo, la zone limitrophe du Rwanda connaît un soudain regain de tension, qui inquiète dans la population.

Les Forces armées de la RDC (FARDC) ont affirmé jeudi qu'un soldat congolais a été blessé mercredi après-midi dans la zone de Chanzu, en territoire de Rutshuru, à une cinquantaine de kilomètres au nord de Goma, la capitale de la province du Nord-Kivu, lors d'un échange de tirs avec des troupes rwandaises ayant passé la frontière et installé une position sur une colline. 

Le général de brigade Léon-Richard Kasonga, porte-parole des FARDC, a déclaré que les Rwandais étaient "partis" après ce contact à "900 mètres" de la frontière.

Un officier congolais ayant participé aux opérations a cependant affirmé à l'AFP que les soldats étrangers semblaient toujours présents jeudi matin.

Interrogée à Kigali par l'AFP, l'armée rwandaise a refusé de faire le moindre commentaire.

"Nous avons été informés de l'infiltration d'une centaine de militaires rwandais" du côté de Kibumba, en territoire de Nyiragongo, à une trentaine de kilomètres au nord de Goma, a déclaré par ailleurs Julien Paluku, gouverneur du Nord-Kivu, province déchirée par les conflits depuis vingt ans.

"Je demande à la population d'être vigilante et de (...) signaler tout mouvement de militaires étrangers", a-t-il ajouté.

Les autorités congolaises ont annoncé avoir saisi le Mécanisme étendu de vérification conjointe (EJVM), organisme international chargé de surveiller la frontière, pour qu'il enquête sur la situation.

Interrogé par l'AFP, Mambo Kawaya, président de la Société civile de Nyiragongo, a dit avoir alerté les autorités depuis dimanche "sur l'incursion de troupes rwandaises en RDC".

"Nous sommes très inquiets de cette nouvelle aventure que veulent mener les Rwandais chez nous au Congo", a-t-il ajouté. 

Parlant sous le couvert de l'anonymat, le chef d'une localité frontalière a évoqué des passages nocturnes "d'hommes en uniforme" en provenance du Rwanda.

Les relations entre le Congo et son voisin sont tendues. La RDC a été envahie par les troupes rwandaises pendant les deux guerres du Congo (1996-1997 et 1998-2003). Et Kigali a soutenu plusieurs milices congolaises à dominante tutsi qui se sont succédé au Nord-Kivu, et dont le dernier avatar a été le Mouvement du 23 Mars (M23), défait militairement en novembre 2013 à Chanzu.

 

- 'Distance raisonnable' -

 

Les incidents frontaliers sont fréquents: il n'est pas rare que des patrouilles se rencontrent, sans forcément s'affronter, autour de cette frontière bornée à la suite d'un accord entre la Belgique et l'Allemagne en 1910 et aujourd'hui plutôt mal délimitée.

En juin 2014, les choses avaient dégénéré. Des soldats rwandais avaient établi des positions sur deux buttes à environ 1 km de la frontière. Le calme était revenu après deux jours d'affrontements, et l'EJVM avait conclu que les deux collines étaient bel et bien en territoire congolais.

Tout en notant l'absence de démarcation visible entre les deux pays dans la zone, l'EJVM avait recommandé à la RDC et au Rwanda de faire en sorte que leurs troupes soient déployées "à une distance raisonnable de la frontière" pour éviter de nouveaux accrochages.

Le territoire de Rutshuru abrite des rebelles hutu rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), opposés au président rwandais Paul Kagame.

L'armée congolaise a lancé fin février une opération contre cette milice dont certains des dirigeants et des membres les plus anciens sont présents dans l'est du Congo depuis la fin du génocide rwandais de 1994, auquel ils sont accusés d'avoir participé.

L'armée congolaise, qui a décidé de mener cette opération sans l'aide des Casques bleus de la Mission des Nations unies au Congo (Monusco), dit vouloir obtenir la reddition des quelques 1.500 combattants que compteraient encore les FDLR.

M. Kagame, qui ne cesse de réclamer la mise hors d'état de nuire de ces rebelles, a déclaré fin mars à l'hebdomadaire Jeune Afrique qu'il croirait à cette opération "quand les résultats (...) seront là".

L'absence de la Monusco "ne fait que renforcer notre détermination à ne compter que sur nos propres forces", avait-il ajouté.

AFP

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