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Liberia: avec la fin d'Ebola, les réfugiés ivoiriens attendent de rentrer dans leur pays

Dans une zone boisée du Liberia, à la frontière ivoirienne, ils sont des milliers de réfugiés ayant fui la guerre en Côte d'Ivoire à attendre la réouverture de la frontière, fermée pour cause de virus Ebola, pour enfin rentrer dans leur pays après des années d'exil.

"Je m'apprêtais à quitter (le Liberia) quand le processus a été bloqué par l'apparition d'Ebola", raconte à l'AFP Saint Lamco Deniohon, dans le camp de réfugiés PTP, le plus grand du pays, appelé ainsi en référence aux initiales d'une ancienne société de production de bois, dans le comté du Grand Gedeh (sud-est).

Quelque 220.000 Ivoiriens se sont réfugiés au Liberia, fuyant la guerre civile de 2002 dans leur pays et le conflit post-électoral de 2011 qui a fait 3.000 morts.

La plupart sont rentrés d'eux-mêmes mais quelque 38.000 sont restés, dans des camps le long de la frontière entre les deux pays.

Beaucoup étaient sur le point de reprendre le chemin de la Côte d'Ivoire, quand le gouvernement libérien a fermé ses frontières l'été dernier pour freiner la progression de l'épidémie d'Ebola.

Le Liberia forme avec la Guinée et la Sierra Leone les trois pays les plus touchés par la fièvre hémorragique qui a fait depuis décembre 2013 plus de 10.000 morts.

M. Deniohon est venu dans le camp PTP après avoir fui avec sa femme et ses deux enfants en 2011. Il a craint un moment que sa famille ne rentre plus jamais en Côte d'Ivoire à cause d'Ebola.

Le Liberia, qui ne compte plus de cas d'Ebola, a rouvert ses frontières en février. Mais la Côte d'Ivoire a maintenu jusqu'à présent sa frontière fermée avec le Liberia. En attendant le feu vert d'Abidjan, le Haut-commissariat aux réfugiés (HCR) prépare le rapatriement des réfugiés.

 

- 'Impatient de partir' -

 

A quelque 50 km de Zwedru, la capitale de la province du Grand Gedeh, le camp PTP compte aujourd'hui environ 15.000 réfugiés, éparpillés sur 300 sites, pour 27.000 en 2011.

Cet espace de terre aride se transforme en un ruisseau de boue pendant la saison des pluies alors qu'en saison sèche, la chaleur accablante rend difficile le sommeil dans ses cabanes au toit en bâches et en bambou.

Les résidents sont cependant régulièrement approvisionnés en vivres et en eau, bénéficient d'un suivi médical, d'une éducation et de sanitaires.

Le HCR a annoncé le début du rapatriement des réfugiés d'ici la fin de l'année, et dès qu'Abidjan donnera le feu vert à l'opération.

Deniohon et sa famille, parmi 9.000 réfugiés, se sont inscrits pour être rapatriés au cours des prochaines semaines, après avoir souffert de beaucoup de privations durant leur exil.

Cet homme de 47 ans explique que son fils aîné a dû arrêter ses études, faute d'école secondaires pour les réfugiés: "je ne veux pas que son frère et sa s½ur subissent le même sort, d'où mon impatience de partir".

Zeade Gnolo, réfugié au Liberia avec sa femme, ses deux enfants et son neveu, a hâte lui aussi de rentrer en Côte d'Ivoire, mais il craint d'être victime de la stigmatisation "parce que (...) nous venons d'un pays victime d'Ebola".

En réalité, le comté de Grand Gedeh a été à peine touché par la maladie, ne comptant que 11 cas dont seulement trois confirmés. Et aucun cas dans le camp de réfugiés PTP.

Pour autant, les rapatriés doivent subir des tests Ebola des deux côtés de la frontière. Arrivés en Côte d'Ivoire, ils pourront enfin rejoindre leur village d'origine ou un autre lieu de leur choix.

Pour Béatrice Pouho Teide, veuve de 42 ans, "il est temps de partir, parce que la paix est revenue en Côte d'Ivoire" et qu'il faut que les enfants "aillent à l'école".

"Si le véhicule était prêt, je laisserais tout ici pour partir. Je suis fatiguée de vivre ici", dit-elle.

 

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