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Des migrants clandestins dans une base de police à Tripoli, le 13 mars 2015. REUTERS/Goran Tomasevic
Des migrants clandestins dans une base de police à Tripoli, le 13 mars 2015. REUTERS/Goran Tomasevic

"J'étais un réfugié à Lampedusa, voici mon histoire"

Hakim Bello, un Nigérian qui vivait en Libye, a traversé la Méditerranée il y a quatre ans pour fuir les violences en Libye. Il a raconté son histoire au quotidien The Guardian.

Hakim Bello peut être compté parmi les chanceux. Comme des milliers de réfugiés, il a embarqué à bord d'un bateau de fortune en Libye pour rejoindre Lampedusa. Il est arrivé vivant sur les côtes italiennes et a ensuite reconstruit sa vie en Europe. Le rêve que partage des centaines de migrants qui tentent chaque jour leur chance en mer Méditerranée. Hakim Bello a accompli ce voyage il y a trois ans. Il a raconté au quotidien britannique The Guardian son odyssée, pleine de souvenirs glaçants.

Les raisons du départ

"Je suis l'une des centaines de milliers de personnes qui sont arrivées en Europe à la suite du Printemps arabe. Nous avions tous différentes raisons de faire cela. Certains pensaient qu'ils auraient une meilleure vie en Europe, quand d'autres voulaient simplement fuir un pays en guerre. Mais chacun d'entre-nous sentait qu'il n'avait pas d'autres options".

La vie quotidienne en Libye

"Je suis originaire du Nigeria et j'habitais depuis cinq ans en Libye lorsque la guerre a éclaté. J'avais une belle vie. je travaillais comme tailleur et je gagnais assez d'argent pour en envoyer à mes proches. Mais après le début des combats, les personnes de couleur comme moi devenaient plus vulnérables car dans les rues les jeunes avaient des armes et ils savaient que nous avions de l'argent dans nos maisons et qu'ils pouvaient nous voler. Si tu sortais dehors pour acheter de quoi manger, un gang pouvait t'arrêter et te demander quel camp tu supportais dans la guerre. Ils pouvaient être des rebelles ou des forces du gouvernement, nous ne savions pas."

Le voyage en bateau

"J'ai payé 400 dinars (environ 280 euros), soit une semaine de mon salaire en Libye. Les passeurs avaient ramené plusieurs vieux bateaux de pêche. Certains étaient si vieux qu'il n'était clairement pas possible de naviguer avec. Le "capitaine" du bateau ne connaissait sans doute même la direction à prendre pour aller en Italie. Il n'avait sans doute jamais été capitaine d'un bateau avant. Quand l'embarcation prit la mer, nous avions peur que la coque se perçe. Mais nous nous sommes vite rendu-compte que le plus gros problème était les vagues. Le bateau n'était pas conçu pour aller en haute mer et j'étais terrifié à chaque fois qu'une grosse vague percutait le navire. La seule chose à faire était de prier."

Lire l'intégralité du témoignage sur le site de The Guardian (en anglais).

Slate Afrique

La rédaction de Slate Afrique.

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