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Mali: émotion sur le site du crash de l'avion d'Air Algérie

Des sanglots dans le désert, des blindés légers en arrière-plan: les proches des 116 victimes de l'avion d'Air Algérie, tombé en juillet, se sont recueillis sous haute protection sur le site du crash, dans le très instable nord du Mali.

L'endroit ressemble à un poste militaire avancé en zone de conflit. Quelques tentes couleur sable. Un étroit couloir mène les parents devant une petite stèle noire, visiblement édifiée il y a peu, sur laquelle est sobrement inscrit: "A la mémoire des victimes du vol AH 5017 (24 juillet 2014)".

Des soldats en arme patrouillent alors que les familles s'en approchent. Le monument funéraire est situé à 400 mètres à peine du cratère causé par le crash, inaccessible aux proches des victimes. De nombreux débris noirs, semblables à des bouts de caoutchouc brûlé, restent toutefois visibles.

Arrivée devant la stèle, Carine Renault se plie en deux, hoquète de douleur puis s'assied. Officiers et sous-officiers de la force française Barkhane, qui encadre l'opération, et membres du Quai d'Orsay se précipitent pour la soutenir.

"J'ai perdu toute ma famille", raconte doucement cette trentenaire. Père, mère, frères, neveux... en tout dix de ses parents ont péri lorsque l'avion d'Air Algérie s'est écrasé le 24 juillet dernier près de Gossi (Mali), peu après son décollage de Ouagadougou, à destination d'Alger.

D'après les premières investigations du Bureau d'enquêtes et analyses (BEA) français, la non-activation d'un système anti-givre par l'équipage a provoqué le ralentissement de l'aéronef alors qu'il volait à son altitude de croisière, provoquant son décrochage puis le crash.

Cinquante-quatre Français et 23 Burkinabè sont morts dans la catastrophe. Les autres victimes venaient du Liban, d'Algérie, d'Espagne, du Canada, d'Allemagne et du Luxembourg.

"Je me sens un peu plus apaisée, mieux qu'hier et même ce matin. Fatiguée parce que les conditions n'étaient pas faciles", précise Mme Renault. Dans le désert malien, la température approche les 45 degrés à la mi-journée, au moment où elle s'y est rendue.

- Sécurisation -

Comme Carine Renault, près de 300 personnes ont été transportées mardi matin dans un avion français spartiate, dédié au transport des troupes, de Ouagadougou vers Gao, au Mali. Puis des hélicoptères tricolores et onusiens ont enchaîné les rotations jusqu'au site du crash.

La sécurisation des lieux a été faite "depuis plusieurs jours", observe le général Jean-François Ferlet, sans plus de précision. Une vingtaine de véhicules militaires sont visibles sur le site. Tout comme des dizaines de soldats.

Car l'accident est intervenu à environ 150 km de Gao, dans une zone instable du Mali, où les rebelles touaregs contestent l'autorité du gouvernement de Bamako et où des jihadistes sont susceptibles d'agir.

Ces groupes restent actifs, malgré la présence de la Mission de l'ONU au Mali (Minusma), déployée depuis juillet 2013 à la suite de l'opération française Serval - lancée en janvier 2013 pour chasser les jihadistes du nord du pays, tombé en 2012 sous la coupe de groupes liés à Al-Qaïda.

"Barkhane", dont le rayon d'action s'étend à l'ensemble de la zone sahélo-saharienne, a succédé en août 2014 à Serval. 

Des attaques, notamment des attentats-suicides, sont pourtant régulières. Deux convois civils de la Minusma ont été pris pour cible ces dix derniers jours, faisant trois morts.

Hicham Merbah, dont le père Omar travaillait comme chef de cabine dans l'avion, préfère, lui, s'informer des circonstances du crash auprès d'un gendarme ayant participé à l'enquête.

"C'était important d'être là et de poser les questions pour comprendre", observe le jeune homme, âgé de 22 ans. "Il n'y a plus rien de l'avion. Tout a été déchiqueté", note-t-il.

Derrière lui, une femme verse du sable malien dans un petit bocal, tandis qu'un homme en remplit un petit sac en toile. Ultime souvenir de ce désert malien, où leurs proches se sont éteints il y a neuf mois.

AFP

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