mis à jour le

RDC: un opposant écroué après près de trois mois au secret

Un opposant congolais arrêté en janvier, Ernest Kyaviro, a été écroué à la prison centrale de Kinshasa samedi après près de trois mois de détention au secret, a-t-on appris lundi auprès de sa femme et de son avocat.

"J'ai pu le voir hier. Son état de santé est vraiment critique", a déclaré à l'AFP Mme Aline Engbe, ajoutant que son mari souffrait de "pertes de mémoire".

M. Kyaviro a été écroué "à la prison de Makala après son transfert au parquet général de (Kinshasa) par l'Agence nationale de renseignement (ANR) le jeudi 16 avril 2015 après 86 jours de privation de liberté", écrit Georges Kapiamba, son avocat, dans un communiqué.

Il a été inculpé "d'atteinte à la sûreté intérieure de l'État, d'incitation à la désobéissance civile et (à) la rébellion", ajoute M. Kapiamba dans ce texte publié au nom de l'Association congolaise pour l'accès à la justice (ACAJ), ONG de défense des droits de l'homme dont il est président.

Chef d'un petit parti d'opposition, le RCD/K-ML, M. Kyaviro a été arrêté le 22 janvier à Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu (est), pendant les troubles provoqués dans plusieurs villes du pays par la nouvelle loi électorale, et transféré le lendemain à Kinshasa.

Plusieurs dizaines de personnes ont été tuées pendant ces violences, essentiellement à Kinshasa. M. Kyaviro a été accusé d'avoir été l'un des instigateurs des manifestations à Goma contre ce qui n'était alors qu'un projet de loi.

Depuis janvier, plusieurs ONG et partis d'opposition ont dénoncé la traduction en justice d'opposants, défenseurs des droits de l'homme ou militants de la société civile, ou leur détention prolongée sans défèrement devant la justice. Le gouvernement reproche de son côté à l'opposition de se croire au-dessus des lois.

Interrogé par l'AFP, le chef du Bureau conjoint de l'ONU pour les droits de l'homme en RDC, José Maria Aranaz, a indiqué que le nom de M. Kyaviro figurait sur une liste d'au moins "cinq personnes" arrêtées depuis janvier et que les Nations unies demandent à l'ANR de transférer à la justice.

Le climat politique se crispe en RDC depuis plusieurs mois autour de la question des élections à venir : une série de scrutins devant commencer en octobre et mener à la présidentielle et aux législatives programmées pour novembre 2016. L'opposition soupçonne le pouvoir de chercher à reporter ces deux derniers scrutins afin de permettre au président Joseph Kabila de se maintenir à son poste au-delà du terme de son mandat.

M. Kabila est au pouvoir depuis 2001 et la Constitution lui interdit de se représenter.

AFP

Ses derniers articles: Nigeria: plus de 50 morts dans l'attaque de Boko Haram contre une mission pétrolière  Jeux de la Francophonie: Doublé 100-200 pour la Congolaise Ngoye Akamabi  Gambie: le nouveau président juge les menaces "exagérées" 

opposant

AFP

La Zambie empêche l'entrée d'un opposant sud-africain

La Zambie empêche l'entrée d'un opposant sud-africain

AFP

Ethiopie: un opposant condamné

Ethiopie: un opposant condamné

AFP

Niger: un opposant écroué pour "complot" présumé contre le régime

Niger: un opposant écroué pour "complot" présumé contre le régime

secret

AFP

RDC: Kabila, président jeune et secret interdit de nouveau mandat

RDC: Kabila, président jeune et secret interdit de nouveau mandat

AFP

Journalistes français assassinés au Mali: avis favorable

Journalistes français assassinés au Mali: avis favorable

AFP

Les proches de Ghislaine Dupont et Claude Verlon réclament la levée du secret défense

Les proches de Ghislaine Dupont et Claude Verlon réclament la levée du secret défense