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Manifestations en Guinée: heurts

L'opposition guinéenne a revendiqué lundi un succès de son appel à la mobilisation contre le calendrier électoral à Conakry, où des heurts ont opposé jeunes et forces de l'ordre, ont indiqué des témoins sans faire état de blessés.

"C'est une autre journée très bien réussie pour l'opposition qui a paralysé toute la ville", s'est félicité dans une déclaration à l'AFP un des dirigeants de l'opposition, l'ancien Premier ministre Sidya Touré.

La circulation sur l'autoroute Le Prince, principal théâtre des affrontements de la semaine dernière, menant des banlieues au centre ville à travers des quartiers populaires favorables à l'opposition, était quasi inexistante.

Les commerces, stations-service et écoles étaient fermés en banlieue, où se concentre la grande majorité de la population, de même que le grand marché de Madina, poumon économique de la capitale.

Des heurts les 13 et 14 avril à Conakry avaient fait "trois morts et une cinquantaine de blessés dont au moins douze par balle", selon l'opposition. Le gouvernement a fourni un bilan de deux morts et d'une dizaine de blessés.

M. Touré a dénoncé des jets de gaz lacrymogène lundi par les forces de l'ordre au siège de son parti, l'Union des forces républicaines (UFR), "pour nous empêcher de nous mobiliser et sortir".

Un responsable de l'UFR a fait état de jets de pierres de contre-manifestants sur les locaux du parti qui n'ont provoqué aucune réaction des forces de l'ordre, selon lui.

Dans une déclaration lue à la télévision nationale, le gouverneur Soriba Sorel Camara a rappelé que ces manifestations n'étaient pas autorisées, tout en exhortant les habitants à "vaquer à leurs occupations habituelles", affirmant que l'Etat assurerait "la sécurité des populations et de leurs biens".

"L'opposition guinéenne décide de poursuivre ce lundi ses actes de désobéissance civile par des marches, des jets de pierres, des dépôts d'ordures et de brûlures de pneus sur la voie publique dans cette période d'urgence sanitaire renforcée" en raison de l'épidémie d'Ebola, a-t-il déploré.

En fin de matinée, des jeunes ont bloqué plusieurs axes en banlieue en dressant des barricades et en brûlant des pneus, des obstacles que les forces de l'ordre ont démantelés, sans rétablir totalement le calme, selon des témoins et les correspondants de l'AFP.

Des centaines de jeunes très mobiles profitaient de leur connaissance des lieux pour échapper aux agents qui tentaient de les poursuivre, selon les mêmes sources.

En revanche, sur la presqu'île de Kaloum, quartier administratif et des ambassades, les services fonctionnaient, bien qu'au ralenti, et les écoles étaient ouvertes.

AFP

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