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Guinée: le gouvernement appelle au dialogue, l'opposition suspend sa mobilisation

Après 48 heures de violence, le gouvernement propose un dialogue avec l'opposition.


Le chef de file de l'opposition, l'ex-Premier ministre Cellou Dalein Diallo, traverse la foule de ses partisans lors d'une manifestation le 14 avril 2015 à Conakry AFP CELLOU BINANI

Le gouvernement et l'opposition guinéens ont échangé mardi des signes de détente après 48 heures de violences, le pouvoir proposant un dialogue pour parvenir à un "consensus autour des échéances électorales" et l'opposition suspendant ses manifestations jusqu'à lundi.

Un calme précaire était revenu en fin de journée à Conakry, après deux jours d'affrontements entre forces de l'ordre et protestataires, au cours desquels deux personnes ont péri et plus d'une dizaine blessées.

Le gouvernement a fait état dans un communiqué du "décès d'une fillette suite à une chute", sans autre précision. La veille, un blessé, Souleymane Bah, avait succombé dans une clinique de la capitale, selon le directeur de l'établissement.

Malgré l'accalmie, des dégradations et des pillages ont été signalés par des témoins. le gouvernement a annoncé 15 interpallations à la suite d'"actes de vandalisme isolés".

Le chef de file de l'opposition, l'ex-Premier ministre Cellou Dalein Diallo, a encouragé en personne ses partisans, lors d'une halte près des lieux des affrontements.

"Cellou, président, Cellou, président!", "A bas la dictature, à bas les assassins, mort aux tueurs!", ont scandé ses partisans dès l'apparition du cortège de M. Diallo, candidat malheureux au second tour de la présidentielle de 2010 face au chef de l'Etat Alpha Condé.

"Je vous fais confiance, l'opposition républicaine vous fait confiance et nous comptons sur vous", leur a-t-il répondu, levant les bras et serrant le poing.

L'opposition avait appelé à manifester lundi dans toutes les communes de Conakry contre l'insécurité, après l'agression de son porte-parole le 4 avril, et jeudi contre l'inversion du calendrier électoral par la Commission électorale nationale indépendante (Céni), qui a encore repoussé, à mars 2016, soit après la présidentielle fixée à octobre 2015, les élections locales.

Faute de scrutin local depuis 2005, les exécutifs communaux sont désignés par le pouvoir, ce qui risque, selon l'opposition, de favoriser des fraudes massives en faveur de M. Condé à la présidentielle.

Le pouvoir rejette ces accusations et a affirmé inviter officiellement des observateurs internationaux à garantir l'intégrité du scrutin.

- 'Reprise rapide du dialogue' -

 

Mais en fin de journée, M. Diallo a annoncé à l'AFP la suspension de la mobilisation. "Nous avons décidé de suspendre les manifestations pour les reprendre lundi, afin de permettre à nos militants et à la population de souffler", a-t-il déclaré.

"Concernant le dialogue avec le gouvernement, il faut que la Céni annule son chronogramme électoral et mette fin à ses activités sur le terrain", a-t-il précisé, peu après la publication d'un communiqué gouvernemental.

Selon ce communiqué, lors d'une réunion dans l'après-midi avec dix ministres, en l'absence de M. Condé, à Washington pour des réunions financières internationales, le chef du gouvernement a "mis en place un comité restreint chargé de lui faire des propositions concrètes permettant la reprise rapide du dialogue avec les partis de l'opposition".

"En attendant ces propositions, le Premier ministre demande solennellement aux responsables des partis politiques d'accepter de venir à la table des discussions afin que le débat puisse se tenir dans la sérénité", selon le texte.

"Le gouvernement reste ouvert à toute suggestion respectueuse des lois et prenant en compte toutes les contraintes qui permettra d'aboutir à un consensus autour des échéances électorales", souligne-t-il.

M. Fofana a en outre "donné des consignes fermes de maintien de l'ordre dans le strict respect de la loi et a souhaité que toute la lumière soit faite sur les tirs enregistrés lors des affrontements et les circonstances qui ont occasionné des blessés", selon le communiqué.

Les violences de mardi ont provoqué des embouteillages dans la capitale, où de nombreux commerces étaient fermés, ainsi que le grand marché de Madina et des écoles.

En revanche, la circulation et l'activité étaient normales dans le quartier administratif et des ambassades.

Dans le quartier populaire de Hamdallaye, des habitants ont raconté à l'AFP avoir vu des descentes des forces de sécurité dans des domiciles privés.

M. Condé, un ancien opposant qui a connu la prison, est le premier président démocratiquement élu de cette ex-colonie française, indépendante depuis 1958, dirigée jusqu'alors par des pouvoirs autoritaires, une période jalonnée de coups d'Etat et de répressions sanglantes.

AFP

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