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RDC: l'Union européenne veut une enquête "urgente" sur la fosse commune

La représentation de l'Union européenne en République démocratique du Congo a appelé vendredi à ce qu'une enquête "urgente" soit menée sur la fosse commune découverte dans l'est de Kinshasa et qui suscite de nombreuses inquiétudes.

L'Union européenne "partage les interrogations qui se sont fait jour des différents côtés suite à la découverte d'une fosse commune à Maluku", indique un communiqué de la représentation.

Elle appelle donc à une "enquête urgente, transparente et crédible" sur ce dossier et se dit "prête à la soutenir par tous les moyens dont elle dispose".

Selon les autorités de la ville-province de Kinshasa, la fosse commune de Maluku (à 80 km à l'est de Kinshasa) contient  421 corps - 300 mort-nés ou f½tus, 23 corps abandonnés, 34 indigents et 64 personnes non identifiées - enterrés là pour désengorger la morgue générale de la capitale.

Les autorités ont démenti les rumeurs disant que la fosse pourrait abriter des victimes des troubles de janvier, lors desquels plusieurs dizaines de personnes ont été tuées - essentiellement à Kinshasa - lors de manifestations contre un projet de révision de la loi électorale.

La Belgique, l'ancienne puissance coloniale en RDC, a demandé une enquête "crédible" et "indépendante", de même que de nombreuses associations congolaises et l'organisation de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch.

"Nous exigeons une enquête mixte interne et internationale, la sanctuarisation du site et l'autopsie de chaque corps", ont pour leur part déclaré jeudi un groupe d'opposants et d'organisations de la société civile.

Selon un document officiel que l'AFP a pu consulter, une enquête judiciaire a été ouverte sur la fosse commune à la demande du Bureau conjoint de l'ONU pour les droits de l'Homme (BCNUDH) en RDC. Les autorités se sont engagées à exhumer les corps si besoin.

En début de semaine, le site était accessible à tous. Mais "à ce jour nous avons pris des dispositions (...) et nous l'avons sécurisé, nous avons placé une équipe pour que la fréquentation de ce site ne soit pas donnée à tout le monde", a souligné jeudi le procureur de Kinkole, Ghislain Mwehu Kahozi.

Le BCNUDH a expliqué à l'AFP que le site était désormais "protégé" par une "présence policière".

Quant à l'enquête, "les descentes qui ont été effectuées l'ont été conjointement [avec] tous les services, avec même les services du Bureau conjoint des Nations Unies [pour les droits de l'Homme]", a souligné jeudi le général Charles Bisengimana, chef de la police congolaise.

AFP

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