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Burkina: grève générale faiblement suivie

La grève générale lancée mercredi par les syndicats burkinabè et des associations de la société civile pour protester "contre la vie chère" a été faiblement suivie à Ouagadougou, où la plupart des entreprises et services publics sont restés ouverts, a constaté l'AFP.

Banques, assurances, services des impôts et hôpitaux fonctionnaient presque normalement en milieu de journée. Les commerces étaient ouverts et le marché central de Ouagadougou toujours bien achalandé.

Seuls l'université de Ouagadougou, la plus grande du pays avec 50.000 étudiants, les lycées, collèges et quelques écoles primaires sont restés fermés.

Quelque 5.000 personnes se sont rassemblées dans la capitale pour un meeting "contre la vie chère". Les syndicats et organisations de la société civile ayant convoqué la grève exigent notamment la réduction du prix du carburant et des biens de première nécessité ainsi qu'une augmentation des salaires.

"Les travailleurs de la fonction publique et des entreprises privées refusent la vie chère. Les populations dans les campagnes réfutent le pillage éhonté de nos maigres ressources minières", a lancé à la tribune le président de la Coalition nationale de lutte contre la vie chère (CCVC), Chrysogone Zougmoré.

La CCVC demande également qu'un mandat d'arrêt soit délivré contre l'ex-président Blaise Compaoré et son frère François, qu'elle accuse de crimes économiques et de sang, et que les fonds détournés par les dignitaires du régime déchu soient saisis.

Blaise Compaoré a été renversé fin octobre par la rue, qui l'accusait notamment de népotisme et de mainmise de son clan sur les richesses du Burkina.

La grève se tient au lendemain de l'arrestation de sept ministres et barons de l'ancien régime pour "malversations". Une loi excluant des prochaines élections les anciens cadres pro-Compaoré a également été adoptée mardi.

"Il faut éviter la chasse aux sorcières", a lancé M. Zougmoré, qui a dit attendre une justice "équitable" pour les cadres interpellés.

Des milliers de personnes ont marché à Bobo Dioulasso, la deuxième ville du pays, et des manifestations ont eu lieu à Ouahigouya (nord-ouest) et Koudougou (ouest), ont indiqué des habitants à l'AFP.

Mercredi dernier, le Premier ministre Isaac Zida a accusé les grévistes impliqués dans les fréquents mouvements sociaux des dernières semaines d'installer "un climat d'anarchie, comme pour défier ouvertement l'autorité de l'Etat".

Le gouvernement "s'opposera désormais" avec "fermeté et responsabilité" à "toute tentative de déstabilisation, d'où qu'elle vienne", a averti M. Zida.

AFP

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