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Centrafrique: accord "de cessez-le-feu" entre ex-Séléka et anti-balaka signé

La présidence kényane, engagée depuis des mois dans une laborieuse médiation entre représentants centrafricains des ex-rebelles de la Séléka et de la milice anti-balaka, a annoncé mercredi la signature d'un accord entre les deux parties.

L'accord a été signé dans la capitale kényane Nairobi par Joachim Kokate pour les anti-balaka, et l'ancien président centrafricain Michel Djotodia pour les ex-Séléka, a précisé la présidence dans un communiqué, sans entrer dans le détail du texte.

"Beaucoup tenteront de vous diviser, pour servir leurs intérêts personnels", a lancé le président kényan, Uhuru Kenyatta, cité dans le communiqué. Mais il a salué "l'esprit de fraternité" dont les parties ont fait preuve, selon lui, au cours de ces longs mois de discrètes négociations.

En janvier, anti-balaka et ex-Séléka avaient déjà signé à Nairobi un accord de cessez-le-feu. Cet accord, qui était accompagné d'un projet d'amnistie générale et appelait au remplacement des autorités de transition en place, n'avait jamais été reconnu par Bangui.

Depuis, les belligérants avaient accepté d'amender leur accord, pour renoncer, au moins dans l'immédiat, à l'amnistie générale et reconnaître les autorités de transition.

Mais il n'était pas clair mercredi soir quelle version avait été retenue pour la signature de l'accord définitif: la formule de janvier ou celle amendée par la suite.

Depuis le début, les négociations de Nairobi, organisées à l'initiative du président congolais Denis Sassou Nguesso, étaient jugées mal engagées par les observateurs.

Les autorités de transitions centrafricaines, exclues du processus, ont toujours refusé de reconnaître leur légitimité, de même que la Communauté économique des pays d'Afrique centrale (Cémac).

Ces négociations ont rassemblé l'ex-président François Bozizé, renversé en mars 2013 par la rébellion majoritairement musulmane de la Séléka, et Michel Djotodia, chef de celle-ci qui lui avait succédé à la tête de l'Etat avant d'être contraint à la démission par la communauté internationale en janvier 2014.

Mercredi soir, la présidence kényane ne faisait cependant aucune mention de la présence de M. Bozizé, sous sanctions onusiennes, à la cérémonie de signature.

Les exactions commises par la Séléka à son arrivée au pouvoir contre les populations majoritairement chrétiennes du pays avaient débouché sur la création des milices d'autodéfense anti-balaka, qui s'en sont alors pris aux civils musulmans, plongeant la Centrafrique dans une crise sans précédent.

AFP

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