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Le Rwanda salue la déclassification des archives de la présidence française sur le génocide

Le ministre rwandais de la Justice s'est félicité mercredi de la déclassification par Paris, accusé par Kigali de complicité dans le génocide de 1994, des archives de la présidence française sur le Rwanda de 1990 à 1995, disant espérer qu'elle soit "totale".

"Les relations politiques, diplomatiques et militaires entre la France et le Rwanda durant la période 1990-1995 ont été une chasse étroitement gardée", a déclaré à l'AFP le ministre, Johnston Busingye. 

"Peut-être cela va-t-il finalement rendre accessible ce qui se passait à l'époque et éclaircir les nombreux points noirs ou gris laissés en suspens jusqu'ici. On espère seulement que la déclassification sera totale", a-t-il ajouté.

La présidence française a annoncé mardi la déclassification de ces archives qui devraient livrer un éclairage sur la politique  controversée de Paris pendant cette période. Celle-ci s'étend de l'année de l'offensive du Front patriotique rwandais (FPR), repoussée grâce au soutien de la France, jusqu'à la première année post-génocide, un massacre que la conquête du Rwanda par cette rébellion dirigée par Paul Kagame permit d'arrêter.

Le 6 avril 1994, l'avion du président hutu Juvénal Habyarimana, soutenu par la France, est abattu à Kigali et le chef de l'Etat tué. Dès le lendemain, les massacres systématiques de Tutsi commencent. Entre avril et juillet - lorsque le FPR s'empare de Kigali -, quelque 800.000 personnes, essentiellement issues de la minorité tutsi, ont été tuées en une centaine de jours, selon l'ONU.

Le FPR, désormais parti hégémonique au pouvoir, et le président Paul Kagame accusent la France d'avoir apporté son concours au génocide, ce que Paris dément. Ces accusations ont provoqué plusieurs crises diplomatiques entre les deux pays, dont les relations ont été totalement gelées entre 2006 et 2009.

En avril 2014, dans une interview parue à la veille du début des commémorations du 20e anniversaire du génocide, M. Kagame avait accusé la France d'avoir "joué un rôle direct" dans la préparation du génocide et d'avoir pris part "à son exécution".

Les documents déclassifiés par l'Elysée, tels des notes des conseillers diplomatiques et militaires de l'Élysée, des comptes rendus de conseils restreints de Défense ou de réunions ministérielles vont être mis à la disposition "des chercheurs, des associations de victimes et de la société civile".

Les archives de l'Assemblée nationale et des ministères des Affaires étrangères et de la Défense vont être à leur tour prochainement déclassifiées, a précisé la présidence française.

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