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Au Liberia, espoirs d'une relance de l'économie durement touchée par Ebola

Ebola a causé un ralentissement des activités économiques pendant plusieurs mois au Liberia. A la faveur d'un reflux de l'épidémie, les affaires reprennent et, à Bo Waterside, frontalière de la Sierra Leone, elles nourrissent l'espoir de meilleurs lendemains.

"Venez acheter vos ustensiles en plastique pas cher! (...) Bon prix, bon prix! C'est à la portée de tout le monde!", s'époumone Fatima Kamara à l'adresse des voyageurs traversant le pont sur le fleuve Mano, principal point de passage entre le Liberia et la Sierra Leone.

A 16 ans, cette lycéenne libérienne est une habituée de ce commerce, qui lui permet de venir en aide à sa famille et de payer ses frais de scolarité, explique-t-elle à une équipe de l'AFP dans ce gros village du nord-ouest du Liberia, où s'activent les fourmis du commerce transfrontalier.

"Mes parents ne travaillent pas. Je vais à l'école le matin, et je fais du commerce l'après-midi. Quand les frontières ont été fermées, j'ai eu peur de ne plus pouvoir aller à l'école", explique Fatima.

Au Liberia, la grande majorité des acteurs du commerce transfrontalier - 80%, selon certaines estimations - sont de jeunes filles et femmes qui sont les principaux soutiens de leurs familles, comme Fatima Kamara.

C'est aussi le cas de Beatrice Gai, 53 ans dont 30 passés à voyager en Guinée et en Sierra Leone pour acheter des vêtements. Contrainte de rester dans son pays pendant sept mois, elle a dû puiser dans ses économies pour nourrir sa famille, révèle-t-elle. Aujourd'hui, "je suis plus qu'heureuse de voir les frontières rouvertes".

Fatima Kamara et Beatrice Gai ont effectivement dû interrompre leurs ventes et leurs voyages d'août 2014 à février 2015, lorsque le Liberia avait fermé ses frontières - entre autres mesures radicales - pour enrayer la progression d'Ebola.

L'épidémie, apparue fin décembre 2013 dans le Sud guinéen, a frappé de plein fouet la Guinée, le Liberia et la Sierra Leone, où se comptent la grande majorité des quelque 10.500 morts identifiés pour plus de 25.200 cas recensés, selon un bilan de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) arrêté au 29 mars.

 

- 'Maintenant, c'est bon' -

 

Pour ces trois Etats voisins, la Banque mondiale (BM) a récemment prévu pour 2015 une perte de 1,6 milliard de dollars (1,5 milliard d'euros) dont 180 millions de dollars (164 millions d'euros) pour le Liberia. 

Après avoir connu plus de 4.300 décès sur 9.700 cas, le Liberia semble aujourd'hui sur la bonne voie : depuis six semaines, un seul cas a été enregistré, décédé le 27 mars.

A la faveur de l'amélioration de la situation sanitaire, les restrictions ont été levées ou adoucies. Et les affaires ont repris, suscitant l'espoir d'une relance économique pour ce pays de quatre millions d'habitants, qui importe de ses voisins 90% de ses biens de consommation.

A Bo Waterside, les marchés, qui se languissaient de clients et de marchandises, ont renoué avec leur animation habituelle. Les étals sont désormais approvisionnés en divers produits, de la viande aux légumes frais en passant par les pâtes, le riz et le maïs, très prisé dans la région.

Si les résidents soutiennent que la crise a ruiné des milliers de commerçants privés de revenus, personne n'est en mesure d'estimer le préjudice causé par Ebola, peu de données étant disponibles sur le volume du commerce transfrontalier, très informel.

D'après la BM, avant l'apparition d'Ebola, le Liberia avait enregistré un taux de croissance économique de plus de 9% par an depuis 2005, avec un sommet à 15,7% en 2007. Mais le gouvernement craint un sérieux retour en arrière pour ce pays qui a eu du mal à se remettre de 14 ans de guerres civiles (250.000 morts de 1989 à 2003). Pour 2015, le taux de croissance prévu est de 3%, moins de la moitié des projections pré-Ebola.

En plus des commerçants, la réouverture des frontières fait aussi le bonheur des consommateurs, qui avaient vu les denrées se raréfier et leurs prix flamber.

A Sinje, à 60 km de la frontière, Diana Kpargoi assure avoir constaté une baisse des prix : "Avant, nous n'avions pas les moyens d'avoir un bon repas. Maintenant, c'est bon", dit-elle.

AFP

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