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Le président tunisien attendu pour une visite d'Etat en France

Le président de Tunisie Béji Caïd Essebsi est attendu mardi en France pour une visite d'Etat de deux jours destinée à renforcer la coopération économique et sécuritaire ente les deux pays amis dont les relations sont parfois compliquées depuis la révolution tunisienne.

M. Caïd Essebsi, premier président tunisien élu démocratiquement, sera reçu à l'Hôtel des Invalides par le chef de l'Etat français François Hollande, avant un entretien et une cérémonie de signature d'accords, indique la présidence tunisienne sans préciser la nature de ceux-ci.

Il s'exprimera ensuite devant le Sénat et sera reçu le lendemain à déjeuner par le Premier ministre, Manuel Valls.

L'essor des jihadistes depuis la révolution de 2011, qui a culminé en mars avec l'attaque du musée du Bardo (22 morts, dont quatre Français) et les profondes difficultés économiques du seul pays du Printemps arabe ayant réussi sa transition postrévolutionnaire devraient être au coeur des discussions.

- 'Solidarité' -

 

La coopération en matière de sécurité et de défense sera largement évoquée lors cette visite, qui intervient après la participation de M. Hollande à une marche à Tunis "contre le terrorisme", selon l'entourage du président français.

"La Tunisie ne demande rien à personne, mais elle accepte toute sorte de soutien et de solidarité de ses amis et des pays frères (...) afin qu'elle dépasse cette période délicate", a souligné M. Caïd Essebsi à la chaîne d'informations France 24.

Selon son chef de la diplomatie Taïeb Baccouche, des négociations sont en cours avec la France et les Emirats arabes unis pour l'acquisition d'armes, alors que la Tunisie est confrontée à des jihadistes armés à sa frontière avec l'Algérie et regarde d'un oeil inquiet son voisin libyen basculer dans le chaos.

Mais la visite de M. Essebsi "ne doit pas être consacrée seulement aux questions sécuritaires", relève l'analyste économique Moez Joudi, compte-tenu du manque de croissance et d'investissements en Tunisie. 

"Il faut qu'il y ait des partenariats économiques concrets. Il faut que la France voie la Tunisie comme un partenaire viable", renchérit-il.

La France est le premier partenaire commercial de la Tunisie et son premier investisseur extérieur. Quelque 1.300 entreprises françaises employant plus de 125.000 personnes sont implantées en Tunisie. Elle est aussi le premier pays pourvoyeur de touristes et le premier bailleur de fonds bilatéral.

Au plan politique, des tensions demeurent, même si la relation est beaucoup moins difficile qu'elle ne l'était en 2011, en raison du soutien qu'avait apporté, en pleine révolution, le président Nicolas Sarkozy au régime de Zine El Abidine Ben Ali.

- 'des paroles seulement' -

 

Ainsi, dans un entretien à l'hebdomadaire français Paris Match, M. Caïd Essebsi a accusé Paris d'avoir soutenu son adversaire, le président sortant Moncef Marzouki, lors de la présidentielle de fin 2014.

"Il n'y a pas eu d'ambiguïté de la part de la France. Il y a eu le soutien explicite à mon adversaire dans la campagne électorale. C'est comme ça. Moi, j'avais pour soutien les Tunisiens et surtout les Tunisiennes", a lâché ce vétéran de 88 ans, compagnon de route du père de l'indépendance tunisienne Habib Bourguiba.

"Ce que je dirai à Paris lors de ma prochaine visite, c'est qu'après quatre années de mauvaise gestion et de mauvaise gouvernance, la Tunisie a besoin d'être soutenue", a-t-il néanmoins tempéré.

Dans les milieux politiques tunisiens, le ton est dur à l'égard de la France.

"Notre relation avec la France n'est pas encore stable", souligne Hamma Hammami, chef du Front populaire, une coalition de gauche.

"Les Tunisiens n'ont rien vu de concret de la part de la France qui montre réellement son soutien, il n'y a eu que des promesses, des paroles seulement", affirme-t-il, malgré la venue de M. Hollande à trois reprises.

Lors de sa visite en 2013, le président français avait notamment annoncé son intention de convertir 60 millions d'euros de dettes tunisiennes en investissements. Selon l'Elysée, un accord en ce sens doit être finalisé lors de la visite de M. Caïd Essebsi.

Enfin, la Tunisie attend l'appui de la France pour approfondir, par le biais du "statut avancé", son partenariat avec l'Union Européenne (UE) et obtenir à terme la suppression du régime des visas.

AFP

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