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Sénégal - Le verdict qui enflamme l'opposition

Le verdict est tombé ce 20 octobre à Dakar, la capitale du Sénégal. Malick Noël Seck a été condamné à deux ans de prison ferme. Cet opposant sénégalais, membre du parti Convergence Socialiste, avait été inculpé le 12 octobre dernier pour menace de mort et outrage à magistrat. Le juge du tribunal des flagrants délits de Dakar a estimé que le jeune leader socialiste est coupable des faits qui lui sont reprochés. Ses avocats qui jugent la décision «inappropriée» ont décidé d’interjeter l’appel de la Cour, rapporte Sud Quotidien.

A la suite du délibéré, Me Moussa Bocar Thiam, un des avocats de la défense, par ailleurs coordinateur des avocats du Parti socialiste (PS) a indiqué que la décision du juge est «à rejeter aussi bien du point de vue de droit que celui des faits». Il a tenu à faire remarquer qu’il n’avait aucune qualification sur les faits exacts qui sont reprochés à son client. Me Alioune Badara Cissé du panel d'avocats de la défense s'est également indigné du verdict de ce procès.

«C'est une décision inappropriée, inexistante dans aucune annale de la République. Le procureur n’a pas qualifié les délits sur lesquels Malick Noel Seck est poursuivi», a-t-il pesté.

Pour rappel des faits, Malick Noël Seck, secrétaire général du groupe de jeunesse socialiste a été placé sous mandat de dépôt, à la prison centrale de Rebeuss, qui se situe au centre de la capitale, depuis près de dix jours. Le jeune opposant est accusé d’avoir organisé un sit-in devant le domicile du président du Conseil constitutionnel, Cheikh Tidiane Diakhaté pour lui remettre une lettre. Sa tentative ayant échoué, il s’est rendu par la suite devant le siège du Conseil constitutionnel pour lui donner la même missive, sans succès encore. Dans cette fameuse lettre, Seck mettait en garde les juges dans l’appréciation de la validité de la candidature du président de la République Abdoulaye Wade, dont une large majorité de l’opposition et de juristes sénégalais considèrent comme inconstitutionnelle.

A l’annonce de la condamnation de Malick Noël Seck, plusieurs voix se sont élevées pour condamner la décision du juge de la Cour de Dakar. L'opposant Moustapha Niasse, secrétaire général de l’Alliance des Forces de Progrès (AFP), est monté au créneau pour dénoncer les pressions politiques qui sont en cours au Sénégal. Réagissant sur les ondes de RFI, il a qualifié de «politique» le procès de Malick Noël Seck. Selon lui, le procès «a été inspiré à l’origine par des intentions politiques».

«Ce procès est injuste…et la condamnation est condamnable ». Il faut donc «continuer la bataille pour la défense des libertés individuelles et collectives des Sénégalais», a exhorté le chef de l’AFP.

Du côté des Socialistes, la tension commence à monter. Barthélémy Dias, secrétaire général des jeunes socialistes, a dénoncé ce verdict qu’il qualifie de «grosse farce» avant de promettre que leur camarade ne dormira pas un jour de plus en cellule. 

De jeunes militants des partis de l’opposition sénégalaise sont en train de se mobiliser pour sortir de prison leur camarade Malick Noël Seck.

Lu sur Sud Quotidien, RFI