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Nigeria:

A peine élu au terme d'un scrutin salué dans le monde, le nouveau président du Nigeria, l'ex-général Muhammadu Buhari s'est engagé mercredi à "débarrasser la nation de la terreur" du groupe islamiste Boko Haram et s'est posé en rassembleur de son peuple.

"Je peux vous assurer que Boko Haram va vite mesurer la force de notre volonté collective et de notre engagement à débarrasser la nation de la terreur et pour ramener la paix", a déclaré le général retraité de 72 ans.

"Aucun effort, a-t-il souligné, ne sera épargné pour vaincre le terrorisme" du groupe qui mène attaques, attentats-suicides et enlèvements depuis des années dans le nord-est du pays. 

Avec 53,95% des voix, cet ancien général, qui était le candidat de la coalition de l'opposition (APC), a largement battu le chef d'État sortant Goodluck Jonathan, candidat du Parti démocratique populaire (PDP), crédité de 44,96%, selon les résultats officiels annoncés par la Commission électorale indépendante.

Les résultats des élections parlementaires, qui ont eu lieu au même moment, n'ont pas encore été publiés. Selon le calendrier officiel, M. Buhari doit être investi le 29 mai.

"Notre pays a rejoint la communauté des nations qui remplacent par les urnes un président en place au cours d'un scrutin libre et honnête", "pour moi, c'est vraiment historique", s'est félicité M. Buhari dans sa première allocution depuis son élection.

- "Oublier les vieilles batailles" -

 

Après avoir reçu de la commission électorale un certificat attestant de sa victoire, M. Buhari a aussi tendu la main à son rival de campagne, le président sortant Goodluck Jonathan, appelant à "oublier les vieilles batailles et les contentieux du passé".

M. Buhari avait violemment critiqué l'administration de M. Jonathan durant la virulente campagne électorale, l'accusant notamment d'être gangrénée par la corruption, un de ses chevaux de bataille. Son parti avait d'ailleurs choisi comme emblème de campagne un balai, pour illustrer sa volonté d'en finir avec la corruption et l'insécurité. 

"Disons-le clairement: le président Jonathan n'a rien à craindre de moi", a ajouté M. Buhari. "C'est un grand Nigérian".

"J'ai promis à ce pays des élections libres et justes. J'ai tenu ma parole", avait déclaré dans la nuit le président sortant dans un communiqué.

"Aucune ambition personnelle ne vaut le sang d'aucun Nigérian", a-t-il ajouté pour prévenir toute violence, alors que la précédente présidentielle en 2011 s'était soldée par un millier de morts.

Le PDP détenait le pouvoir depuis 1999, date du retour à la démocratie du Nigeria après des années de dictatures militaires. Depuis son indépendance en 1960, le Nigeria a connu six coups d'État.

Ancien putschiste à la tête d'une junte militaire entre 1983 et 1985, l'ancien général Buhari se présente comme un "converti à la démocratie". C'était la quatrième tentative à la présidentielle de ce musulman du Nord après trois échecs successifs depuis 2003, dont le dernier déjà face à M. Jonathan, un chrétien du Sud, en 2011.

Il a promis de former un gouvernement de "tous les Nigérians". "La démocratie et l'Etat de droit seront établis sur nos terres", a-t-il ajouté.

Des milliers de Nigérians étaient descendus dès mardi après-midi dans les rues de Kano, plus grande ville du nord musulman, pour célébrer la victoire de leur champion. "Un des plus beaux moments de ma vie", s'est réjoui Khalid Isa Musa, un jeune étudiant.

- La corruption "n'aura plus sa place" -

 

A Abuja, la capitale fédérale, qui reprenait vie mercredi après quatre jours de paralysie, les partisans du président sortant rencontrés autour des kiosques à journaux étaient déçus pour leur candidat mais heureux pour la démocratie. 

"J'ai voté pour Jonathan, mais ce n'est pas grave. Je suis heureux. Il n'y a eu ni triche, ni violences, ni affrontements. Et l'élection a été libre et juste", s'est réjoui Simon Idoku, un chauffeur de taxi. 

L'Union européenne, la France et le Royaume-Uni (ancienne puissance coloniale) ont félicité le vainqueur, Londres soulignant l'importance d'une "transition pacifique".

Le président américain Barack Obama a félicité MM. Buhari et Jonathan pour leur engagement "en faveur de la non violence tout au long de la campagne".

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon a salué "la maturité de la démocratie au Nigeria".

La présidente de la Commission de l'Union africaine, Nkosazana Dlamini-Zuma, a déclaré que "le résultat des élections démontre clairement la maturité de la démocratie, non seulement au Nigeria, mais sur le continent dans son ensemble".

Cette présidentielle réussie, dans le pays le plus peuplé d'Afrique avec 173 millions d'habitants, est un symbole fort sur le continent, où la question de l'alternance pacifique et démocratique reste d'actualité, avec des dirigeants en poste ou une même famille au pouvoir parfois depuis plusieurs dizaines années.

Malgré les couacs techniques, dus à l'utilisation de lecteurs de cartes électorales biométriques pour la première fois, les Nigérians ont été voter massivement pour faire entendre leur mécontentement, notamment sur les questions de sécurité et la corruption.

La corruption en particulier, l'un des plus grands fléaux du Nigeria, "n'aura plus sa place" dans le pays, a assuré M. Buhari. "Les corrompus ne seront pas nommés dans ma nouvelle administration", a-t-il promis.

AFP

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