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Tunisie: marche contre le terrorisme avec des responsables étrangers

La Tunisie organise dimanche une marche contre le terrorisme à laquelle des dizaines de milliers de personnes et des personnalités étrangères, dont le président français François Hollande, sont attendues après l'attentat sanglant au musée du Bardo.

La partie populaire du rassemblement doit partir vers 11h00 heure locale (10h00 GMT) de la place Bab Saadoun pour s'achever devant le musée. Ce bâtiment, qui abrite notamment une exceptionnelle collection de mosaïques, a été la cible le 18 mars d'une attaque qui a coûté la vie à 22 personnes - 21 touristes et un policier -.

Les invités de marque accompagneront, eux, vers 12h00 (11h00 GMT) le président tunisien Béji Caïd Essebsi sur une centaine de mètres le long de l'enceinte du musée, avant d'y inaugurer une stèle à la mémoire des victimes.

"Notre patriotisme doit apparaître maintenant", a déclaré la ministre du Tourisme Salma Elloumi Rekik à la télévision nationale. L'attaque était "un grand coup (...) mais ce coup ne nous a pas tués, il nous a rendus plus forts", a-t-elle assuré.

 

- 'Conscience internationale' -

 

Le président Caïd Essebsi avait appelé mercredi ses compatriotes à participer massivement à la marche "pour exprimer la force de la Tunisie" et "envoyer un message à l'étranger selon lequel la Tunisie continue sa lutte contre le terrorisme".

La Tunisie, pays pionnier du "Printemps arabe", a malgré les turbulences achevé sa transition avec des élections fin 2014, mais sa stabilité pourrait être menacée par l'essor de la menace jihadiste ainsi que par les difficultés économiques et sociales persistantes qui étaient à la racine de la révolution de 2011.

M. Hollande sera présent bien que se déroule en France le second tour des élections départementales. Les présidents polonais et palestinien Bronislaw Komorowski et Mahmoud Abbas prennent part à la marche, tout comme les Premiers ministres italien et algérien Matteo Renzi et Abdelmalek Sellal et les ministres espagnol et néerlandais des Affaires étrangères, José Manuel Garcia-Margallo et Bert Koenders.

"Désormais, tout le monde réagit après chaque attentat terroriste comme si l'attentat était perpétré chez lui. C'est nouveau et c'est important", a déclaré le président Caïd Essebsi au quotidien français Ouest-France.

Cette marche rappelle celle organisée en janvier par M. Hollande après les attentats de Paris contre l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, une policière et un supermarché casher.

 

- Divisions -

 

Le parti islamiste Ennahda, deuxième force politique du pays présente dans le gouvernement de coalition, a appelé ses partisans à participer à la marche "pour exprimer l'unité des Tunisiens face à ce danger et leur détermination à défendre leur patrie et (...) préserver leur liberté".

La puissante centrale syndicale UGTT a également invité ses membres à y participer "massivement".

Mais le Front populaire, coalition de gauche et principale formation d'opposition, a annoncé qu'il n'y participerait pas en accusant d'"hypocrisie" certains participants, dans une claire allusion à Ennahda. 

Le porte-parole du Front, Hamma Hammami, a indiqué ne pas vouloir que la marche soit "un moyen de couvrir des responsabilités (...) autour de la prolifération du terrorisme".

De nombreux politiques de gauche accusent en effet le parti islamiste de s'être montré laxiste face à la montée de courants jihadistes lorsqu'il était au pouvoir (fin 2011-début 2014) et d'être responsable, voire complice, des assassinats en 2013 de deux membres du Front populaire, Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi.

Face à ces divisions, le quotidien La Presse a évoqué "une bataille absurde", jugeant que "le monde (...) attend qu'on lui prouve qu'on mérite son soutien et la vague de solidarité qu'il nous témoigne à longueur de journée".

L'attentat du 18 mars a été revendiqué par le groupe Etat islamique (EI). Mais le ministère tunisien de l'Intérieur a affirmé que l'assaut avait été dirigé par l'un des chefs de la Phalange Okba Ibn Nafaa, un groupe affilié à Al-Qaïda pourchassé par l'armée depuis plus de deux ans dans les montagnes frontalières de l'Algérie.

Le musée du Bardo, lui, se préparait à reprendre une activité normale. Vendredi, il a ouvert ses portes aux écoliers, lycéens et membres de délégations et il entend ouvrir ses portes au public lundi.

 

AFP

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