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Yémen: nouvelles frappes aériennes contre les rebelles soutenus par l'Iran

Des avions de la coalition menée par l'Arabie saoudite ont lancé de nouvelles frappes jeudi soir au Yémen contre les rebelles chiites soutenus par l'Iran, qui a dénoncé une intervention "dangereuse".

Les premiers raids de l'opération "Tempête décisive" ont été qualifiés de "succès" et se prolongeront jusqu'à ce que les "objectifs" soient atteints, a déclaré un porte-parole de la coalition.

Mais le chef des rebelles, Abdel Malek al-Houthi, a exhorté dans la soirée ses partisans à lutter contre cette intervention "injustifiée".

L'Iran a parallèlement mis en garde contre une propagation du conflit à d'autres pays, son président Hassan Rohani condamnant une "agression" militaire.

En pleines négociations sur le nucléaire avec Téhéran, les Etats-Unis ont apporté leur soutien à l'intervention, sans toutefois y participer directement. La Maison Blanche s'est déclarée inquiète des "activités iraniennes" au Yémen.

La plupart des pays arabes ont serré les rangs derrière l'Arabie saoudite et réaffirmé leur soutien au président yéménite reconnu par la communauté internationale, Abd Rabbo Mansour Hadi.

Ce dernier est arrivé jeudi à Ryad, selon l'agence officielle SPA, en route pour participer au sommet annuel arabe qui s'ouvrira samedi en Egypte.

M. Hadi avait été ces derniers jours au centre de nombreuses spéculations, notamment sur le point de savoir s'il était encore présent à Aden, alors que des forces anti-gouvernementales se rapprochaient de cette grande ville du sud où il était retranché depuis février après la prise de Sanaa par les rebelles Houthis.

L'opération a été déclenchée dans la nuit de mercredi à jeudi par des frappes saoudiennes sur différentes positions des Houthis.

Des habitants de la capitale Sanaa ont témoigné de violentes explosions. Certains ont décidé de fuir par craintes de nouveaux raids. "Je m'en vais avec ma famille" car "Sanaa n'est plus sûre", a témoigné Mohamed, un habitant.

 

- Pas de troupes au sol pour l'instant -

 

Jeudi soir, de nouvelles frappes ont visé une base militaire près de Taëz, la troisième ville du pays, sur la route entre la capitale Sanaa et Aden, dans le sud, selon des sources officielles et des témoins.

L'Arabie saoudite a mobilisé 150.000 militaires et 100 avions de combat, tandis que les Emirats arabes unis ont engagé 30 avions de combat, Koweït 15 appareils et le Qatar 10, a indiqué Al-Arabiya, chaîne de télévision à capitaux saoudiens. Bahreïn a annoncé participer avec 12 avions.

L'opération mobilise également l'Egypte --avec son aviation et sa marine--, la Jordanie, le Soudan, le Pakistan et le Maroc, selon Ryad.

Le déploiement de troupes au sol n'est pas prévue en l'état, a précisé jeudi soir le porte-parole de la coalition.

L'intervention militaire fait suite à plusieurs appels à l'aide émanant de son gouvernement, incapable de faire face à l'avancée des rebelles.

Elle "vise à défendre le gouvernement légitime du Yémen et à empêcher le mouvement radical houthi de prendre le contrôle du pays", a expliqué l'ambassadeur saoudien aux Etats-Unis, Adel al-Jubeir. 

Les premiers raids ont notamment permis de "détruire les défenses aériennes des rebelles houthis, (et) la base aérienne Al-Daïlami attenante à l'aéroport de Sanaa", selon SPA.

Des forces loyales au président ont en outre repris l'aéroport d'Aden, passé la veille sous le contrôle des forces anti-gouvernementales. 

 

- Inquiétude pour les civils -

 

Les bombardements avant l'aube ont fait au moins 14 morts civils à Sanaa, selon la défense civile. Amnesty International a fait état de 25 morts à Sanaa, dont six enfants. 

Le Comité international de la Croix Rouge a exprimé ses inquiétudes quant au sort des civils et appelé les parties en conflit à "respecter la vie humaine".

La crise dans ce pays pauvre de la péninsule arabique s'est envenimée depuis septembre 2014 quand les Houthis ont déferlé sur Sanaa pour y contester le pouvoir de M. Hadi et dénoncer un projet de Constitution sur un Etat fédéral qui priverait son fief dans le nord d'un accès à la mer.

Les Houthis combattent avec des unités de l'armée fidèles à l'ex-président Ali Abdallah Saleh, poussé en 2012 au départ après 33 ans au pouvoir.

Pour les experts, le Yémen est le théâtre d'une guerre par procuration entre deux poids lourds de la région, l'Iran chiite et le royaume saoudien sunnite, qui risque d'aboutir à une désintégration du pays.

A cela s'ajoute la poursuite d'actions d'Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa), bien implanté dans le sud-est. Et pour ajouter au chaos, le groupe jihadiste Etat islamique a récemment revendiqué des attentats suicide ayant fait 140 morts à Sanaa.

AFP

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