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Le Sénégal suspendu au verdict du procès de Karim Wade

Le Sénégal attend le verdict lundi contre Karim Wade, fils de l'ex-président Abdoulaye Wade, pour "corruption et enrichissement illicite", qui pourrait mettre le feu aux poudres, après la désignation du plus célèbre détenu du pays comme candidat de l'opposition à la prochaine présidentielle.

L'ancien chef de l'Etat, bientôt 89 ans, qui n'a assisté à aucune audience, a donné rendez-vous à ses partisans au palais de justice de Dakar, où il a annoncé son intention de "commenter, sur place, la décision qui sera rendue" par la Cour de répression de l'enrichissement illicite (CREI, une juridiction spéciale).

Il a demandé qu'après s'être exprimé "chacun rentre chez lui tranquillement sans casse et sans violence", un appel au calme loin d'être superflu, tant la tension monte à l'approche du verdict, attendu dans la matinée.

Karim Wade, 46 ans, en détention préventive depuis avril 2013, est le principal prévenu dans ce procès qui s'est ouvert le 31 juillet 2014, où il comparaît avec une dizaine de complices présumés, la plupart en liberté provisoire, pour "enrichissement illicite et corruption".

Il est accusé d'avoir illégalement acquis 178 millions d'euros par le biais de montages financiers complexes du temps où il était conseiller puis ministre de son père, ce qu'il nie.

Son patrimoine comprend, selon l'accusation, des sociétés au Sénégal et l'étranger, des comptes bancaires, des propriétés immobilières et des voitures.

Le parquet a requis le 17 février contre Karim Wade sept ans de prison ferme, plus de 380 millions d'euros d'amende, une privation de droits civiques et une confiscation de ses biens.

Ce procès tient le Sénégal en haleine depuis près de huit mois, jalonné d'une longue bataille de procédure et de coups de théâtre: limogeage du procureur, démission en pleine audience d'un juge, comparution d'un prévenu malade sur une civière, grève de la faim de Karim Wade "frappé et blessé" au tribunal, expulsion d'un de ses avocats...

- Pas de possibilité d'appel -

Le verdict de la Cour n'est pas susceptible d'appel, une disposition critiquée par ses partisans et les organisations de défense des droits de l'Homme.

Le président Macky Sall, qui a succédé en mars 2012 à Abdoulaye Wade (2000-2012), l'empêchant avec le soutien d'une large mobilisation populaire d'obtenir un troisième mandat, a ressuscité la CREI, une juridiction tombée en désuétude, en vertu de sa promesse de campagne de "reddition des comptes".

Plusieurs responsables de l'ex-pouvoir dont d'anciens ministres et directeurs de sociétés se sont ainsi retrouvés derrière les barreaux, convoqués à la gendarmerie ou interdits de quitter le territoire.

Karim Wade s'était présenté comme "prisonnier politique" au début du procès, une stature officialisée samedi par sa désignation à une majorité écrasante comme candidat du Parti démocratique sénégalais (PDS, ex-parti au pouvoir) à la prochaine présidentielle.

Ses partisans soutiennent que le procès vise à l'empêcher de se présenter face à Macky Sall.

En prévision du verdict et d'éventuels troubles, la sécurité a été renforcée à Dakar, après l'arrestation de membres et responsables du PDS, dont l'ex-ministre de la Justice, El Hadj Amadou Sall, également avocat de Karim Wade, pour offense au chef de l'Etat et atteinte à la sûreté de l'Etat.

"Un Sénégal à feu et à sang avec des milliers de gens dans les rues pour défendre Karim Wade, je n'y crois pas", avait pourtant déclaré l'ambassadeur de France  Jean Félix-Paganon, interrogé le 8 mars par la radio privée RFM sur un risque de troubles en cas de condamnation.

Alors qu'Abdoulaye Wade avait sollicité dans une lettre l'intervention de la France et des Etats-Unis pour "sortir d'une dangereuse impasse qui risque de déboucher sur une confrontation", le pronostic de l'ambassadeur jugeant une condamnation plus probable qu'un non-lieu a ulcéré les partisans de Karim Wade, exigeant "des garanties sur la neutralité" de Paris.

Les ambassades française et américaine ont appelé, dans des consignes adressées à leurs ressortissants la semaine dernière, à la "vigilance" et à éviter les secteurs de la capitale où pourraient survenir des manifestations après le verdict.

AFP

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