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Malgré la peur, des touristes "défient les terroristes" en Tunisie

Hermes, un touriste italien, a dû convaincre son épouse Carla, terrifiée, de ne pas partir de Tunisie et d'achever leur séjour malgré l'attaque au musée du Bardo, un carnage qui porte un coup au secteur stratégique du tourisme.

"J'étais terrifiée et j'ai voulu au moment de l'attaque quitter immédiatement la Tunisie, c'était un vrai choc!", avoue Carla Pierrotti, une touriste italienne. "Je suis venue pour passer tranquillement mes vacances sans soucis", ajoute-t-elle.

Mais son mari Hermes a réussi à la convaincre pour rester et même de sortir le lendemain de l'attaque se promener à Sidi Bou Saïd, un village pittoresque et très touristique dans la banlieue nord de Tunis.

"Il faut défier ces terroristes, et ne pas leur permettre de bloquer l'échange culturel entre les pays, j'étais très furieux contre ce crime mais déterminé à rester et à terminer mon programme", dit Hermes.

Pour la première fois depuis la révolution de 2011, une attaque armée au musée de Bardo, mitoyen du siège du Parlement, dans la capitale tunisienne, a visé en plein jour des civils, faisant 21 morts dont 20 touristes étrangers.

Pour Carla, "les Tunisiens ne méritent pas ce qui s'est passé parce que c'est eux qui vont subir les conséquences d'un tel crime surtout les gens qui travaillent dans le secteur touristique".

Matthieu Charbon, arrivé hier soir à Tunis accompagné de sa femme et son fils, a lui aussi décidé de rester.

"Je n'ai pas peur! Les attentats sont partout dans le monde et même au centre de Paris, c'est des choses qui arrivent. On ne va pas rester terré à la maison parce qu'il y a des attentats", lance ce touriste français.

Mais à Sidi Bou Saïd, un village chargé d'histoire et de culture qui surplombe la mer, d'habitude très fréquenté durant les vacances et les jours ensoleillés, les rues étaient quasiment vides et les commerçants ne cachaient pas leur inquiétude.

 

- 'Démoralisés' -

 

"C'était un coup très très dur! Tous les commerçants ici étaient très affectés par le crime d'hier. Nous sommes démoralisés parce que ça s'annonce mal pour les jours qui viennent", déplore Aymen Jebali, un artisan de 34 ans.

Depuis la révolution, le tourisme tunisien passe par une mauvaise phase, peinant à attirer les touristes et les tours opérateurs en raison de l'instabilité politique et sociale et l'essor des mouvements jihadiste extrémistes.

Pourtant des élections législatives et présidentielle fin 2014 saluées dans le monde entier, avaient redonné espoir aux professionnels.

"Au moment où ça commence à bouger, et à y avoir de plus en plus de groupes de touristes, cette odieuse attaque vient nous couper l'herbe sous les pieds. Nous allons subir les conséquences durant des années", souligne Hichem Ben Saïd, gérant du très célèbre Café des Nattes.

Au moment de l'attaque, "les touristes ont rapidement quitté le café pour ne plus y retourner. Ils avaient des visages pâles et effrayés", raconte-t-il.

"Il n'y a plus de visibilité et on ne sait plus ce qui va se passer. c'est vraiment stressant", lance-t-il.

Des annulations ont été déjà enregistrées, avoue sous couverture de l'anonymat un responsable, dans un hôtel cinq étoiles au centre de Tunis.

"Il y aura un impact très négatif sur tous les hôtels et pour un certain temps, c'est l'image de la Tunisie qui a été très touchée alors qu'elle commençait à peine à se relever", ajoute-t-il.

Les autorités, elles, ont multiplié les mesures de sécurité. A Carthage, Tunis, Sidi Bou Saïd, les check-points de la police on été installés un peu partout sur les routes pour effectuer des contrôles d'identité et fouiller les véhicules. 

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