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"Tout à coup, des coups de feu, et une statuette est tombée": sous le choc, des témoins de l'attaque de mercredi contre le musée du Bardo, à Tunis, racontent leur terreur.

"Nous étions environ 50 personnes (dans l'une des salles du musée), parmi nous des enfants", a dit à l'AFP une touriste française d'une cinquantaine d'années qui a préféré rester anonyme.

"Tout à coup, nous avons entendu des coups de feu, et une statuette est tombée. Tout le monde a crié: +Des tirs! Des tirs!+ et nous nous sommes cachés dans un pavillon, puis l'armée nous a évacués", a-t-elle ajouté alors qu'elle s'apprêtait à quitter le musée dans un véhicule de son agence de voyages.

Une autre touriste française, Fabienne, a raconté à la chaîne française BFM TV, pendant l'assaut, être enfermée dans l'une des salles du musée avec d'autres touristes et leur guide. 

"On n'a rien vu mais ils devaient être plusieurs. C'était impressionnant, il y a eu plusieurs rafales (...). On a peur qu'ils viennent d'un coup et qu'ils nous tuent. C'est très impressionnant", a-t-elle dit.

Une Tunisienne habitant tout près du musée a de son côté raconté à l'AFP qu'elle venait d'arriver devant chez elle lorsqu'elle a entendu les tirs.

"Je me suis approchée, et j'ai vu des gens ensanglantés sur le gazon, l'armée qui accourait...", souffle-t-elle, en disant avoir "très peur". 

Témoignant de la violence de l'assaut, l'un des autocars à bord desquels les touristes sont arrivés était criblé de balles, selon un journaliste de l'AFP sur place.

D'après le Premier ministre tunisien Habib Essid, c'est en effet alors que les touristes descendaient des véhicules que les assaillants, armés de Kalachnikovs et vêtus selon lui d'uniformes militaires, ont tiré sans discernement.

"Les touristes ont fui vers le musée et les terroristes les ont poursuivis", a déclaré M. Essid.

Dix-neuf personnes ont été tuées dans l'attaque, dont un agent des forces spéciales tunisiennes et 17 touristes de nationalités polonaise, italienne, allemande et espagnole. Les deux assaillants ont été abattus et "deux ou trois" possibles complices étaient recherchés, a ajouté le Premier ministre.

Une employée du musée qui est mitoyen du Parlement, Dhouha Belhaj Alaya, a décrit la panique qui s'est emparée des personnes présentes.

"Vers midi, nous avons entendu des tirs intensifs. Mes collègues ont crié: +Fuis, fuis, il y a des tirs!+". Nous nous sommes échappés par la porte de derrière avec des collègues et des touristes, et on nous a fait entrer dans le Parlement" mitoyen, a-t-elle raconté, visiblement sous le choc.

Beaucoup de témoins de l'attaque ne pouvaient encore parler de leur calvaire.

Dans une chambre de l'hôpital Charles-Nicolle, trois femmes légèrement blessées, dont deux Françaises, étaient entourées de psychologues et de médecins.

Visiblement affectées, elles ont refusé de relater l'attaque mais ont exprimé leur soulagement d'être saines et sauves.

"Je préfère être là où je suis maintenant que là où j'étais tout à l'heure", a dit l'une d'elle à l'AFP. "S'il vous plaît, je ne peux pas parler", disait de son côté aux journalistes devant l'hôpital une touriste italienne d'une soixantaine d'années. 

 

AFP

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