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L'Egypte confortée dans son rôle-clé contre les jihadistes

La pluie de milliards promise à l'Egypte par les monarchies du Golfe à l'occasion de la conférence internationale de Charm el-Cheikh conforte le président Abdel Fattah al-Sissi, qui se veut le fer de lance des pays arabes dans la lutte contre les jihadistes.

M. Sissi, qui a destitué en juillet 2013 le président islamiste élu Mohamed Morsi et est accusé par les organisations de défense des droits de l'Homme de réprimer dans le sang toute opposition, est l'un des principaux chefs d'Etat de la région à réclamer la création d'une force arabe commune pour combattre notamment le groupe Etat islamique (EI), une option que va étudier la Ligue arabe lors de son sommet fin mars.

Le sujet est d'une importance fondamentale car la coalition internationale se contente pour l'heure de bombarder l'EI en Irak et en Syrie, et les seules actions au sol sont le fait de l'armée irakienne avec des milices alliées et de forces kurdes en Syrie.

Le chef de la Ligue arabe Nabil al-Arabi a récemment souligné "le besoin pressant d'une force arabe" au moment où l'EI étend son influence en Libye et dans le Sinaï égyptien, tout en multipliant les atrocités en Irak et en Syrie.

La puissante armée égyptienne pourrait constituer l'épine dorsale d'une force arabe. Fin février, M. Sissi a indiqué que l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, le Koweït et la Jordanie pourraient s'impliquer dans une telle initiative.

L'Egypte est le plus peuplé et le mieux armé des pays arabes et M. Sissi a lancé le 16 février ses avions de combat contre des positions de l'EI en Libye voisine.

Vendredi à l'ouverture de la conférence économique internationale sur l'"Avenir" de l'Egypte à Charm el-Cheikh, station balnéaire du Sinaï, l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et le Koweït, qui ont déjà déversé des milliards sur l'Egypte depuis la destitution de M. Morsi, ont créé la surprise en promettant 12 milliards de dollars d'aides ou d'investissements cumulés, dont trois milliards en dépôts à la Banque centrale. Oman a rajouté 500 millions.

-Soutien politique-

 

"Je pense que le message est clair: la plus grande partie du monde soutient le gouvernement engagé à construire la nouvelle Egypte", a commenté pour l'AFP Ashraf el-Arabi, le ministre égyptien de la Planification.

Car l'enjeu de cette conférence reste avant tout politique, M. Sissi souhaitant se poser en président fort qui a su rétablir la sécurité et la stabilité du pays.

"Le soutien des pays du Golfe est construit sur le fait que le gouvernement égyptien s'est opposé au mouvement des Frères musulmans", dont est issu M. Morsi, analyse Moustafa Kamel al-Sayyed, professeur de sciences politiques à l'Université du Caire, soulignant que, comme l'Egypte, les pays du Golfe considèrent la confrérie comme "terroriste".

L'expert juge également que le soutien des Etats-Unis vient du fait qu'ils "considèrent que le gouvernement égyptien fait face à la menace des mouvements terroristes."

Mais même s'il a réitéré le soutien de son pays à l'Egypte, le chef de la diplomatie américaine John Kerry est venu à Charm el-Cheikh les mains vides. Il a promis samedi une "décision très prochainement" pour le déblocage d'une dernière enveloppe d'assistance militaire de 650 millions de dollars.

Les Etats-Unis allouent en principe chaque année 1,5 milliard de dollars d'aide à l'Egypte, dont 1,3 milliard dans le domaine militaire. Mais une partie avait été gelée avec la destitution de M. Morsi et la sanglante répression de ses partisans. Washington avait conditionné la reprise de cette aide à des réformes démocratiques.

Depuis, des hélicoptères de guerre Apache ont été livrés pour appuyer Le Caire dans sa lutte contre les jihadistes dans le Sinaï.

Mais l'ONU et de nombreuses ONG de défense des droits de l'Homme continuent d'accuser M. Sissi d'avoir mis en place un régime plus répressif encore que celui de Hosni Moubarak, renversé en 2011 par une révolte populaire.

En un an et demi, plus de 1.400 manifestants pro-Morsi ont été tués, plus de 15.000 de ses partisans emprisonnés et des centaines condamnés à mort dans des procès de masse expéditifs.

 

 

AFP

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