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Le secrétaire d'Etat américain part en Egypte voir Al-Sissi

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry part jeudi en Egypte pour voir le président Abdel Fattah al-Sissi, allié de Washington, avant de se rendre dimanche en Suisse pour la dernière ligne droite des négociations sur le nucléaire iranien.

John Kerry est attendu vendredi et jusqu'à dimanche à une conférence économique à Charm el-Cheikh, station balnéaire de la mer Rouge. Cette réunion internationale, en présence également du chef de la diplomatie britannique Philip Hammond, revêt une forte tonalité diplomatique, Le Caire voulant asseoir la légitimité internationale du président Sissi comme fer de lance de la lutte contre le terrorisme.

John Kerry doit s'entretenir avec le président, élu en 2014, "d'un éventail de sujets bilatéraux et mondiaux, notamment les efforts de la coalition contre l'Etat islamique, la situation en Libye et la crise en cours en Syrie", selon le département d'Etat, qui a vanté "le renforcement du partenariat stratégique et économique à long terme avec l'Egypte".

Washington se sent bien plus proche du régime Sissi que de celui de son prédécesseur, le président islamiste Mohamed Morsi, élu démocratiquement en 2012 et renversé un an plus tard par l'armée dirigée à l'époque par Sissi. Les Etats-Unis n'ont d'ailleurs jamais qualifié cette destitution de coup d'Etat.

Toutefois, le gouvernement américain dénonce aussi très régulièrement la terrible répression policière et judiciaire contre les opposants du régime égyptien et notamment les partisans des Frères musulmans.

De fait, depuis la chute du régime de Hosni Moubarak en 2011, les Etats-Unis sont confrontés à un dilemme avec l'Egypte: Washington condamne le bilan des droits de l'homme du Caire mais doit aussi compter sur son alliance militaire avec cette pièce maîtresse de la diplomatie américaine dans le monde arabe.

Les Etats-Unis lui allouent chaque année 1,5 milliard de dollars d'aide, dont environ 1,3 milliard en assistance militaire. Une partie de celle-ci avait été gelée en octobre 2013 et conditionnée à des réformes démocratiques. Depuis, des hélicoptères de guerre Apache ont été livrés mais une dernière tranche d'aide militaire est encore bloquée.

De Charm el-Cheikh, John Kerry doit se rendre dimanche soir à Lausanne pour retrouver son homologue iranien Mohammad Javad Zarif, deux semaines avant la date butoir pour que les grandes puissances et l'Iran concluent un accord politique sur le nucléaire.

On ne sait pas combien de jours dureront ces nouvelles discussions ni à quelle date John Kerry sera de retour à Washington.

Ces nouveaux entretiens bilatéraux au sommet entre les Etats-Unis et l'Iran, dix jours après une session à Montreux, se tiennent dans le cadre des négociations plus larges entre le groupe 5+1 (Etats-Unis, Chine, Russie, France, Royaume-Uni et Allemagne) et Téhéran, sous l'égide de l'Union européenne.

Parallèlement, une réunion ministérielle entre l'Iran, l'UE, la France, le Royaume-Uni et l'Allemagne est prévue lundi à Bruxelles.

Au terme de plus de 18 mois de pourparlers, les parties sont censées sceller une "entente" politique avant le 31 mars. Les détails techniques d'un accord complet seraient alors finalisés d'ici au 30 juin/1er juillet.

L'Iran et les grandes puissances tentent de s'entendre sur un accord global autorisant certaines activités nucléaires civiles mais qui empêcherait Téhéran de se doter de l'arme atomique, en échange de la levée des sanctions internationales qui pèsent sur son économie.

"Il ne s'agit pas d'un accord simplement avec l'Iran (et les Etats-Unis, ndlr), il s'agit d'un accord multilatéral qui tente d'empêcher l'Iran d'obtenir une arme nucléaire", a fait valoir jeudi sur CNN la porte-parole du département d'Etat Jennifer Psaki.

AFP

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