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La France va augmenter ses effectifs militaires au Sahel

La France va augmenter ses effectifs militaires au Sahel en raison des tensions liées au groupe islamiste nigérian Boko Haram autour du lac Tchad, a annoncé mercredi le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian.

"On va légèrement augmenter notre chiffre sur Barkhane, on le diminue par ailleurs sur Sangaris (en Centrafrique), pour nous donner des moyens de soutien et d'accompagnement sur les tensions qui se produisent autour du lac Tchad", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse sans donner de chiffres.

La force Barkhane, déployée sur cinq pays (Niger, Mali, Burkina Faso, Mauritanie et Tchad), compte 3.000 hommes.

En Centrafrique, Paris a commencé à réduire les effectifs de la force Sangaris de 2.000 à 1.700 hommes, passant progressivement le relais à la force de l'ONU, la Minusca. Ces effectifs devraient tomber à moins de 1.000 à la fin de l'année, contre 2.600 au plus fort de l'opération en 2014, a-t-on précisé dans l'entourage du ministre.

"Nous n'avons pas la volonté d'intervenir dans le combat (contre Boko Haram) mais nous sommes dans le soutien" logistique (notamment en carburant) et en renseignement aux forces tchadiennes, nigériennes et camerounaises engagées sur le terrain, a souligné le ministre de la Défense.  

"Ce qui est rassurant sur Boko Haram, c'est qu'il y a une vraie volonté des pays concernés de s'organiser entre eux et de mener le combat. C'est un élément nouveau qu'on apprécie", a relevé M. Le Drian.

"En Centrafrique, l'amorce d'un dialogue national confirme notre perspective d'un désengagement progressif de l'opération Sangaris dans le courant du deuxième semestre", a-t-il ajouté.

Au Sahel, la nouvelle base avancée de Madama, située à la frontière libyenne au nord du Niger, sera "pleinement opérationnelle" au 1er juillet, a-t-il précisé. Elle permettra de mieux surveiller les flux d'armes et de combattants descendant de Libye, nouveau sanctuaire terroriste, vers le sud, du Mali au Nigeria.

Barkhane, qui a pris le relais de l'opération Serval au Mali, a pour mission de démanteler les flux jihadistes transfrontaliers afin de garantir une plus grande stabilité dans la région.

La situation reste toutefois tendue, notamment au Mali où la capitale Bamako a été frappée pour la première fois par un attentat dans la nuit de vendredi à samedi, dans lequel un Français, un Belge et trois Maliens ont trouvé la mort.

Dans le nord du pays, les groupes armés restent aussi actifs malgré la négociation des accords d'Alger, qui ont été signés par le gouvernement central mais pas par les groupes rebelles.

"J'appelle tous les groupes, notamment touaregs, à quitter la logique d'affrontements et à rallier le processus politique en cours", a exhorté le ministre français de la Défense.

Un engin blindé français a sauté mardi sur une mine au nord du Mali, blessant grièvement deux soldats français, a par ailleurs indiqué M. Le Drian. "Cela prouve s'il en était besoin la persistance de la menace", a-t-il dit. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

    

 

 

 

AFP

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