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"Boko Haram, tu vas mourir", les Camerounais dans la rue contre les islamistes

"Boko Haram, tu vas mourir", "Boko Haram, tu es mort": des milliers de Camerounais sont descendus dans la rue samedi à Yaoundé pour dénoncer les meurtrières attaques et exactions des islamistes nigérians, appelant à la mort de leur chef, Abubakar Shekau.

Plusieurs milliers de personnes, dont des ministres, ont participé dans la capitale à cette manifestation pacifique au cours de laquelle les participants ont promis que le Cameroun viendrait à bout de Boko Haram et de son chef.

Depuis sept mois, les soldats camerounais sont en guerre contre le groupe nigérian qui multiplie ses attaques sanglantes contre militaires et civils dans la région de l'Extrême-Nord, frontalière du Nigeria. L'armée tchadienne se bat aussi contre Boko Haram, depuis cette région proche de Ndjamena. 

Le rassemblement a été organisé par un collectif  "Unis pour le Cameroun" et constitué principalement de journalistes supposés proches, pour certains, du régime de Yaoundé, pour exprimer "le soutien aux populations de cette région et à l'armée camerounaise".

"Entre 10.000 et 15.000 personnes" ont répondu à l'appel, s'est fécilité auprès de l'AFP Eric Benjamin Lamère, membre du collectif.

Plusieurs ministres avaient pris la tête du cortège, submergé de drapeaux camerounais, tchadiens et nigérians et dans lequel se trouvaient également des diplomates en poste à Yaoundé, dont l'ambassadrice de France, Christine Robichon. 

-'Shekau, tu es lâche'-

"Nous voici rassemblés pour dire non à Boko Haram. Non à la barbarie!" a lancé à la foule un des organisateurs, ajoutant: "Non à l'obscurantisme! Non à l'intolérance!".

A chacune de ses phrases ou exclamations, la foule hurle et applaudit, sous le regard des membres du gouvernement présents. L'orateur cite ensuite, toujours sous des ovations, les noms de localités prises pour cible par Boko Haram: Fotokol, Kolofata, Limani, Amchidé,...

"Cette marche symbolise l'unité de tous les Camerounais contre Boko Haram", s'enthousiasme Grégoire Owona, ministre du Travail. "Shekau", lance-t-il. "Tu es mort, tu es lâche", réagissent en choeur de jeunes manifestants.

"C'était important d'être là pour moi, pour mes frères qui sont au front, pour mon pays. Je pense que ce soutien peut galvaniser les troupes et faire en sorte que la guerre cesse le plus vite possible", confie Philomène Ekombo, drapeau du Cameroun en main.

La date de cette manifestation a suscité une polémique au Cameroun car elle coïncide avec la commémoration des manifestations contre la faim et la modification de la Constitution qui avaient éclaté dans le pays fin février 2008.

Du 25 au 28 février 2008, de nombreux jeunes avaient en effet manifesté dans plusieurs villes du Cameroun pour dénoncer la cherté de la vie et s'indigner du projet du régime du président Paul Biya de modifier la Constitution afin de lui permettre de briguer un nouveau mandat.

Les manifestations de révolte avaient été réprimées par l'armée et la police: 40 personnes avaient ainsi été tuées, selon un bilan officiel, au moins 139 d'après des ONG locales.

- 'Pas de guerre mémorielle' -

Le reproche a été fait aux organisateurs de la marche de samedi d'avoir été encouragés par le régime à choisir la date du 28 février pour que la commémoration des événements de 2008 passe inaperçue.

"Il n'y a pas de guerre mémorielle. Nous avons programmé notre marche tôt le matin (07H00 GMT). Rien n'empêche qu'on se mobilise (pour les événements de 2008)", s'est défendu Guibaï Gatama, du collectif "Unis pour le Cameroun".

De plus en plus d'initiatives de soutien à l'armée sont enregistrées au Cameroun ces derniers temps.

Ainsi, vendredi, les chefs traditionnels du département des Bamboutos  (ouest du pays) ont remis au ministre de la Défense une enveloppe de 22 millions de francs CFA (environ 30.000 euros) pour aider les soldats au front, a rapporté la télévision d'Etat.

Jeudi, des entreprises avaient offert à l'armée des centaines de tonnes de produits alimentaires.

Les troupes camerounaises engagées contre Boko Haram vivent parfois dans des conditions difficiles, certains soldats rencontrés par un journaliste de l'AFP se plaignant notamment du manque d'eau, de matelas pour dormir et d'absence de primes dans certaines unités.

AFP

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