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Elections au Nigeria: les partis politiques s'affrontent sur les réseaux sociaux

Les partis politiques nigérians investissent en masse internet et les réseaux sociaux pour mener la campagne de la présidentielle et des législatives et séduire les électeurs, mobilisant acteurs, musiciens et footballeurs célèbres.

Les deux principaux partis - sur des dizaines en lice -, le Congrès progressiste (APC, opposition) et le Parti démocratique populaire (PDP, au pouvoir), s'affronteront le 28 mars pour une présidentielle et des législatives, et deux semaines plus tard pour l'élection des gouverneurs des Etats de la fédération nigériane.

Un sondage, réalisé le 27 janvier - peu avant la date du 14 février initialement prévue pour la présidentielle, avant d'être reportée officiellement pour des raisons sécuritaires - les donnait à égalité, à 42% des voix chacun.

Le PDP et l'APC "utilisent toutes les tribunes existantes pour atteindre les électeurs", explique Muyiwa Akintunde, de Leap Communications, société de relations publiques basée à Lagos.

Les deux principaux partis ont toujours recours aux supports traditionnels comme la radio, la télévision, les journaux et les affiches, mais ils se sont aussi tournés massivement vers les réseaux sociaux, dans un pays qui voit exploser l'usage des téléphones mobiles et des smartphones.

Les célébrités sont également mobilisées. Dans la cité pétrolière de Port Harcourt, dans le sud du Nigeria, l'ancien capitaine de l'équipe nationale de football, Joseph Yobo, est à l'oeuvre pour soutenir le président sortant Goodluck Jonathan.

Et le candidat champion de l'APC, l'ancien dictateur militaire Muhammadu Buhari, est soutenu par le populaire musicien traditionnel Wasiu Ayinde Marshall.

 

- Révolution numérique -

 

Des chansons et des jingles vantant les vertus et qualités des candidats sont omniprésents sur les ondes des radios et télévisions.

A Lagos même, le candidat de l'APC au poste de gouverneur, Akinwunmi Ambode, combat son rival du PDP Jimi Agbaje autant sur les ondes que dans les meetings.

Pour Omolara Olaosebikan, de la société de relations publiques Quadrant Communications, les nouvelles technologies changent l'aspect des slogans politiques au Nigeria.

"C'est une révolution numérique qui se joue. Il n'y a pas de doute, l'élection de cette année restera dans l'histoire comme la plus disputée et aucun des partis n'entend être battu à ce jeu", constate-elle.

Pour la première fois, selon elle, les hommes politiques, notamment ceux qui sont au pouvoir, ont réalisé qu'ils ne peuvent plus tenir pour acquis leur électorat habituel.

"Tout le monde passe par des messages et slogans numériques pour atteindre les électeurs", explique-t-elle. "Ce n'est plus suffisant de compter sur les seules annonces dans les journaux ou d'acheter du prime-time à la télévision. De toute façon, qui a le temps de lire les journaux, d'écouter la radio ou de regarder la télévision?"

La préférence pour internet et les réseaux sociaux est aussi déterminée par le choix de la rapidité et le coût financier, note Mme Olaosebikan: sur internet, "tout ce que vous avez à faire est d'appuyer sur un bouton", alors que "pour quelques secondes de communication sur la NTA (télévision publique) il vous en coûte 1,5 million de naira (6.500 euros), rien à voir avec les réseaux sociaux".

 

- 'Guerriers de l'internet' -

 

Les Nigérians, qui raffolent des discussions bruyantes et animées sur l'actualité, font sans surprise preuve d'un grand enthousiasme pour Facebook et Twitter.

Selon la BBC, des hommes politiques ont même recruté des jeunes sans emploi, qu'ils auraient auparavant employés comme nervis pour intimider physiquement des électeurs, comme "guerriers d'internet".

Armés d'ordinateurs portables et de smartphones, ces "guerriers" bombardent les articles en ligne de commentaires favorables à leurs parrains politiques et critiques envers leurs opposants.

"Au Nigeria, environ 40 millions de personnes sont sur les réseaux sociaux", selon Omolara Olaosebikan. "Cela représente une vaste population qui peut être d'une grande valeur électorale pour les politiciens."

Mais dans un pays où le tiers des 178 millions d'habitants reste illettré, les partis politiques doivent toujours compter sur une communication orale et visuelle pour transmettre efficacement leurs messages.

Ainsi les logos des partis, le parapluie du PDP et le balai de l'APC, se retrouvent imprimés partout, des T-shirts et casquettes aux paquets de denrées alimentaires comme le riz et le sel, offerts en cadeau par les candidats à leurs partisans.

 

AFP

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