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Ebola: les funérailles, vecteur persistant du virus en Sierra Leone et en Guinée

La Sierra Leone et la Guinée, les deux pays comptant le plus grand nombre de nouveaux cas d'Ebola, ont mis en garde mercredi contre une recrudescence de l'épidémie après une nette décrue, incriminant la persistance de pratiques funéraires à risques.

Après être tombé jusqu'à deux à cinq par jour la semaine dernière, le nombre de nouvelles contaminations enregistrées en Sierra Leone est reparti à la hausse, avec plus d'une dizaine quotidiennement, a déploré le chef du Centre national de lutte contre Ebola (NERC) en Sierra Leone, Palo Conteh.

"Ces nombres augmentent parce que les gens continuent à bafouer la loi impunément", a affirmé M. Conteh lors d'une conférence de presse à Freetown,  citant la réouverture illégale de pompes funèbres acceptant de simples certificats médicaux comme preuve que la mort n'était pas due à Ebola.

"La politique de funérailles médicalement sûres et dignes reste en vigueur", a-t-il souligné, mettant en demeure les responsables médicaux de "s'abstenir de délivrer des certificats qui permettent aux gens d'entreprendre des enterrements non sécurisés".

Les rites mortuaires impliquant un contact avec le corps demeurent un des principaux facteurs de propagation du virus, qui se transmet par les fluides corporels, selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).

En Guinée voisine, un autre des trois pays les plus touchés, avec le Liberia, le gouvernement a annoncé mercredi le lancement d'une campagne de sensibilisation à Conakry, la capitale, ainsi que dans plusieurs villes de l'intérieur du pays.

"Un seul enterrement dangereux non sécurisé peut générer des dizaines de nouveaux cas. Nous savons que nous avons encore des zones sensibles - et nous y concentrons nos efforts. Plus que jamais, la vigilance et la mobilisation doivent rester maximales", a déclaré le porte-parole du gouvernement, Damantang Albert Camara, dans un communiqué.

"En dépit de la stabilisation de l'épidémie et d'une tendance globale à la baisse, les récentes résurgences de nouveaux cas et les résistances de certaines communautés locales démontrent qu'il est impératif de maintenir la mobilisation internationale au maximum et la vigilance absolue tant que +Zéro Ebola+  n'est pas atteint dans les trois pays frappés", selon le texte.

L'épidémie en Afrique de l'Ouest, la plus grave depuis l'identification du virus en Afrique centrale en 1976, est partie en décembre 2013 du sud de la Guinée. Elle a fait plus de 9.600 morts identifiés, un nombre nettement sous-estimé selon l'OMS, pour près de 24.000 cas recensés. 

AFP

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