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Présidentielle au Togo: Gnassingbé en route pour un 3e mandat, au grand dam de l'opposition

Le président togolais Faure Gnassingbé, au pouvoir depuis 10 ans, a été investi mercredi par son parti pour la prochaine élection présidentielle, au grand dam de l'opposition et la société civile qui veulent l'empêcher de briguer un troisième mandat.

"La convention nationale a unanimement choisi de vous investir vous, Faure Gnassingbé, comme candidat de notre grand parti, à la prochaine élection présidentielle", a déclaré Georges Aïdam, le premier vice-président du parti UNIR (Union pour la République), dont 700 délégués étaient réunis pour une convention d'investiture à Kara (420 km au nord de Lomé).

"Je dis oui, oui parce que je compte sur Dieu, et parce que vous êtes à mes côtés. Je dis oui, car je suis convaincu qu'ensemble, nous saurons nous montrer à la hauteur de la confiance que les Togolais placent en nous", a répondu Faure Gnassingbé.

Faure Gnassingbé a été porté au pouvoir par l'armée en 2005 à la mort de son père, le général Gnassingbé Eyadema. L'opposition et la société civile veulent l'empêcher de briguer un troisième mandat à l'élection prévue le 15 avril. Mais plusieurs candidats de l'opposition entendent se présenter à cette élection à un seul tour.

Le slogan lancé mercredi en ouverture de la convention du parti majoritaire se veut explicite en prenant le contrepied de l'opposition désunie: "Quand on est uni, on est fort derrière le président Faure".

Sept personnalités ont déjà annoncé leur candidature.

Parmi elles figurent Jean-Pierre Fabre, chef de l'opposition, Kofi Yamgnane, un Franco-Togolais ayant été secrétaire d'Etat du président français François Mitterrand, ainsi qu'Alberto Olympio, homme d'affaires et petit-neveu du premier président togolais Sylvanus Olympio, assassiné lors d'un coup d'Etat en 1963.

Après avoir mené un coup d'Etat en 1967, le général Gnassingbé Eyadema dirige sans partage le Togo pendant 38 ans. Son fils, mis en place par l'armée à la mort de son père en 2005, a été élu président la même année, puis réélu en 2010, lors de scrutins contestés par l'opposition. En 2005, les violences électorales avaient fait, selon l'ONU, "entre 400 et 500 morts".

Après des études de finances et de gestion en France et aux Etats-Unis, Faure Gnassingbé était rentré au Togo au milieu des années 1990 pour devenir le "grand argentier" et conseiller financier de son père.

Discret et timide, réputé habile, il avait provoqué fin 2014 la colère de l'opposition et de la société civile en n'excluant pas de briguer un troisième quinquennat. La Constitution togolaise le lui permet car elle ne fixe plus aucune limitation des mandats présidentiels depuis que son père avait supprimé cette restriction en 2002.

 

- 'Maintenir la pression' -

 

Les principaux partis de l'opposition ont tenté ces derniers mois de barrer la route à cette troisième candidature, sans succès.

Un premier projet de loi de réformes politiques visant à limiter le nombre de mandats présidentiels a été rejeté en juin 2014 par le Parlement, où le parti au pouvoir est majoritaire. Un autre texte a été introduit mais n'a pu être voté, en raison de blocages dans les discussions depuis quelques semaines au Parlement.

En novembre et décembre 2014, l'opposition et la société civile avaient manifesté à plusieurs reprises à Lomé, mobilisant des milliers de personnes dans la rue pour exiger des réformes politiques instaurant la limitation des mandats présidentiels.

Un scénario similaire au Burkina Faso , où le président Blaise Compaoré avait été chassé du pouvoir le 31 octobre - après 27 ans de règne - par la rue après avoir tenté de se représenter une énième fois à la présidentielle, est néanmoins très peu probable au Togo, selon les observateurs. Car contrairement au Burkina, l'opposition togolaise est très divisée et le pouvoir politique reste solidement soutenu par l'armée et les forces de sécurité.

"Nous allons toujours maintenir la pression sur le régime (...). Si nous sommes contraints d'aller aux élections sans les réformes, nous mobiliserons les populations à voter pour moi", a déclaré l'opposant Jean-Pierre Fabre.

AFP

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