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Boko Haram multiplie ses attentats meurtriers au Nigeria

Au moins 17 personnes ont été tuées dans un nouvel attentat mardi à Potiskum, une ville du nord-est du Nigeria en proie aux tueries du groupe islamiste Boko Haram, que le gouvernement nigérian tente de circonscrire à l'approche des élections générales du 28 mars.

Si Lagos a affirmé samedi avoir repris militairement la localité symbolique de Baga, sur les rives du lac Tchad - une assertion contestée par Boko Haram - l'attentat de mardi démontre une nouvelle fois la capacité de nuisance de l'insurrection islamiste, que le président nigérian Goodluck Jonathan a admis avoir sous-estimée.

A Potiskum, la capitale économique de l'État de Yobe, déjà frappée dimanche par un attentat-suicide commis par une fillette d'environ 7 ans, l'attentat mardi a visé un bus bondé à la gare de Tashar Dan-Borno, dans la banlieue de la ville.

"Nous avons 17 morts et 27 blessés", a indiqué à l'AFP une infirmière de l'hôpital public de la ville où les victimes de l'attentat ont été dirigées.

Des secouristes déployés sur les lieux ont indiqué que 12 personnes au total étaient dans le bus et qu'elles ont toutes péri.

Selon le responsable du syndicat des chauffeurs et un des conducteurs présents à la gare, l'explosion s'est produite peu après qu'un homme eut jeté un sac dans le coffre du véhicule avant d'essayer de monter à bord.

Aucune de ces sources n'était cependant en mesure de préciser si l'homme en question était un kamikaze ou si la bombe était cachée dans le sac jeté dans le coffre.

 

- 'Enorme explosion' -

Le car "avait fini d'embarquer ses passagers pour Kano lorsqu'une énorme explosion s'est produite à l'intérieur du bus, précisément à 11H40" (10H40 GMT), a expliqué le responsable syndical ayant requis l'anonymat.

Waziri Danu, habitant d'un quartier proche de la gare, a affirmé avoir entendu "une énorme explosion" en provenance de Tashar Dan-Borno avant de se rendre sur les lieux et d'y voir "un car en feu".

Potiskum, située sur l'axe routier très important reliant Kano, la plus grande ville du nord du pays, à Maiduguri, la capitale de l'État voisin de Borno, a été le théâtre de plusieurs attentats à la bombe. Ces attentats ont été attribués au groupe islamiste armé Boko Haram qui en a revendiqué plusieurs.

Dimanche, une fillette d'environ sept ans portant une bombe s'est ainsi faite exploser à Kasuwar Jagwal, un marché de vente et réparation de téléphones mobiles, à une heure d'affluence. Sept personnes avaient péri ainsi que la fillette.

Cette série d'attentats intervient alors que le gouvernement nigérian a affirmé récemment avoir repris deux localités stratégiques aux mains des combattants de Boko Haram. Monguno tout d'abord, une ville-garnison contrôlée par les insurgés depuis le 25 janvier, et Baga samedi.

Baga avait été capturée par Boko Haram le 3 janvier, ainsi qu'une douzaine de villages alentours. Dans les jours qui avaient suivi, des centaines de civils, voire plus, avaient été massacrés, une attaque décrite comme "la plus destructrice" de Boko Haram par Amnesty International.

Depuis 2009, l'insurrection de Boko Haram et sa répression par les forces nigérianes ont fait plus de 13.000 morts et 1,5 million de déplacés au Nigeria, essentiellement dans le nord-est du pays, où le groupe extrémiste contrôle des pans entiers de territoire.

Les exactions du groupe et son expansion géographique ont provoqué un premier report au 28 mars des élections générales initialement prévues au 14 février, à la demande du conseiller national à la sécurité du président Jonathan.

Ce report a suscité la crainte d'une résurgence de violences électorales, pour le moment limitées, dans ce pays le plus peuplé d'Afrique où l'insécurité demeure préoccupante: lundi, une missionnaire américaine a été kidnappée dans le centre du pays, selon la police qui soupçonne un enlèvement crapuleux.

La menace principale demeure toutefois Boko Haram dont le leader Abubakar Shekau a promis de tout faire pour empêcher la tenue des élections présidentielle et parlementaires du 28 mars.

Le groupe a par ailleurs étendu ses attaques au Cameroun, Niger et Tchad, qui le combattent à leurs frontières, et même sur le sol nigérian pour les troupes tchadiennes. Celles-ci ont repris récemment aux islamistes plusieurs localités comme Gamboru et Dikwa (nord-est), proches de la frontière camerounaise.

Le Nigeria, le Niger, le Tchad, le Cameroun et le Bénin ont annoncé le 7 février la mobilisation de 8.700 hommes dans une force multinationale anti-Boko Haram qui doit encore obtenir l'aval du Conseil de sécurité des Nations unies.

AFP

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