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Nigeria: une fillette tue sept personnes en se faisant exploser

Une fillette a tué sept personnes en se faisant exploser dimanche dans le nord-est du Nigeria, un énième attentat dans cette région en proie aux violences du groupe islamiste Boko Haram dont le président nigérian a reconnu avoir sous-estimé la capacité de nuisance.

Tandis que les pays voisins du Nigeria organisent la riposte militaire, le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a précisément invité Abuja à s'engager "pleinement" contre le groupe islamiste, dimanche à Niamey, au dernier jour d'une tournée l'ayant conduite au Tchad et au Cameroun.

Depuis 2009, l'insurrection de Boko Haram et sa répression par les forces nigérianes ont fait plus de 13.000 morts et 1,5 million de déplacés au Nigeria, essentiellement dans le nord-est du pays, où le groupe extrémiste s'est emparé de plusieurs localités.

Il y multiplie les opérations meurtrières depuis six ans, y compris des attentats-kamikazes visant des lieux bondés comme dimanche sur un marché de Potiskum, capitale économique de l'État de Yobe.

D'après des témoins joints depuis Kano (nord), une fillette âgée d'environ 7 ans a actionné vers 13H30 locales (12H30 GMT) une ceinture d'explosifs qu'elle portait à la taille à Kasuwar Jagwal, un lieu dédié à la vente et la réparation de téléphones à Potiskum, très fréquenté à cette heure de la journée. Cinq personnes ont été tuées et 19 blessées selon un premier bilan donné dans l'après-midi. Des sources médicales à l'hôpital public de Potiskum ont par la suite annoncé que deux des blessées ont succombé à leurs blessures.

Selon les témoins, la fillette avait été renvoyée quatre fois à l'entrée du site par des gardiens et membres de milices d'autodéfense qui l'avaient jugée suspecte, en raison de son âge. Les contrôles se sont faits plus stricts depuis un précédent attentat-suicide commis en janvier par deux filles d'environ 15 et 20 ans aux abords du même site, ayant fait six morts et 37 blessés.

Finalement, la fillette est revenue par un autre côté, "elle s'est baissée pour franchir le cordage de sécurité, à une certaine distance de nous. Et c'est là qu'elle s'est fait exploser", a expliqué Buba Lawan, chef d'une milice locale d'autodéfense.

L'attaque-suicide n'avait pas été revendiquée mais, selon plusieurs observateurs, elle porte la signature de Boko Haram, qui a eu recours à plusieurs reprises à des femmes et fillettes pour ce type d'opérations.

 

- Boko Haram 'sous-estimé' -

 

Le groupe a étendu ses attaques au Cameroun, Niger et Tchad, qui le combattent à leurs frontières, et même sur le sol nigérian pour les troupes tchadiennes. Celles-ci ont repris récemment aux islamistes plusieurs localités comme Gamboru et Dikwa (nord-est), proches de la frontière camerounaise.

Dans un entretien au journal privé local This Day diffusé dimanche, le président nigérian Goodluck Jonathan a reconnu avoir "sous-estimé" le groupe. "Probablement, au début (de l'insurrection), nous - je veux dire mon équipe et moi-même - avons sous-estimé les capacités de nuisance de Boko Haram", a -t-il déclaré

De fait, depuis 2009, les forces nigérianes ont échoué à endiguer l'expansion des insurgés, même si elles ont annoncé récemment avoir repris plusieurs villes à Boko Haram et tué des centaines de ses membres, à Monguno et Baga notamment.

A Baga et dans ses environs, l'armée poursuivait dimanche ses opérations de ratissage.

"Le bouclage et la fouille (de Baga) ainsi que les patrouilles dans les localités (proches) se poursuivent, tandis que l'offensive contre les terroristes progresse dans d'autres secteurs" du nord-est, a annoncé dimanche soir le porte-parole du ministère nigérian de la Défense, Chris Olukolade. 

Selon M. Jonathan, l'armée nigériane s'est dotée récemment de nouvelles armes et munitions pour la guerre contre Boko Haram, dont le chef, Abubakar Shekau, a juré dans une vidéo récente de faire échouer le processus des élections présidentielle et législatives du 28 mars au Nigeria.

"Si Dieu le veut, nous arrêterons Shekau avant les élections", a dit le président, candidat à sa réélection.

"On n'est pas partis pour une guerre de 10 ans. Nous avons les forces qui sont déjà en place. Si ces forces peuvent être financées et équipées, je pense qu'on viendra à bout de Boko Haram assez rapidement", a pour sa part estimé dimanche le président nigérien Mahamadou Issoufou.

Le Nigeria, le Niger, le Tchad, le Cameroun et le Bénin ont annoncé le 7 février la mobilisation de 8.700 hommes dans une force multinationale anti-Boko Haram. 

AFP

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