mis à jour le

Nord du Mali: fragile cessez-le-feu entre Bamako et les groupes armés

Le gouvernement malien s'est timidement réjoui vendredi du cessez-le-feu conclu à l'arrachée la veille, après de fortes pressions de la communauté internationale, avec les groupes armés sévissant dans le nord du pays.

"Ce cessez-le-feu est une bonne nouvelle si tout le monde le respecte", a affirmé vendredi à l'AFP une source gouvernementale malienne ayant requis l'anonymat, qui a tenu à relativiser sa portée: "Maintenant il serait souhaitable que les négociations avancent pour une paix définitive".

L'accord de cessez-le-feu a été conclu jeudi à Alger entre Bamako et six groupes armés du nord du Mali, sous les auspices de l'ONU et de l'Algérie, qui mène les pourparlers pour la paix dans cette région.

La "déclaration" d'Alger prévoit la cessation "immédiate de toutes formes de violence" et appelle les deux parties à "s'abstenir de tout acte ou propos provocateurs", selon le document consulté par l'AFP.

Elle est signée après des appels pressants et parfois menaçants de la communauté internationale.

Le 9 février, le président français François Hollande avait, dans un message à son homologue algérien Abdelaziz Bouteflika, souhaité que Bamako et les groupes armés parviennent "rapidement à un accord de paix".

Le Conseil de sécurité de l'ONU avait déjà enjoint les deux parties, le 6 février, à "reprendre sans tarder" les "négociations", se disant "prêt à envisager de prendre les mesures appropriées, y compris d'imposer des sanctions ciblées, à l'encontre de ceux qui reprennent les hostilités et violent le cessez-le-feu".

 

- Accusations mutuelles  -

 

De source proche du dossier, on souligne que ce cessez-le-feu n'est pas un fait nouveau car d'autres avaient déjà été conclus auparavant sans jamais être respectés, mais qu'il s'agissait plutôt pour l'Algérie de démontrer à la communauté internationale sa capacité à faire signer un accord entre les parties.

Ces dernières semaines, des heurts ont opposé, dans la zone de Tabankort (nord), des groupes armés rebelles du nord du Mali au Groupe autodéfense touareg Imghad et alliés (Gatia), favorable à Bamako.

La zone de Tabankort est à mi-chemin entre Kidal, fief de la rébellion, et Gao (nord) contrôlée par des forces favorables à Bamako, à dominante touarègue de part et d'autre.

Bamako et les groupes armés s'accusent mutuellement de violations des précédents cessez-le-feu, qui n'ont jamais tenu.

"Nos troupes n'ont jamais violé le cessez-le-feu", a réaffirmé vendredi la source gouvernementale malienne.

Quant à la Coordination des Mouvements de l'Azawad, qui fédère les principaux groupes rebelles, à dominante touareg et arabe, elle a récemment accusé "les forces gouvernementales" d'avoir attaqué le 7 février une de ses positions dans le Gourma (région de Tombouctou).

Cette attaque est "une violation flagrante" de "l'accord du cessez-le-feu du 23 mai 2014 et de celui sur ses modalités de mise en ½uvre du 13 juin 2014", avait-elle indiqué dans un communiqué.

La "déclaration" d'Alger a été signée jeudi lors du cinquième round de négociations entamées lundi, qui doivent se poursuivre pour aboutir à un accord de paix. 

Bamako et les groupes armés étaient parvenus à un accord intérimaire le 18 juin 2013 à Ouagadougou, au Burkina Faso. 

Ils ont ensuite mené, depuis juillet 2014 à Alger, quatre séries de négociations, les premières à rassembler l'ensemble des parties prenantes au conflit. 

Alors que les rebelles touaregs réclament "une large autonomie" du Nord, Bamako propose "une décentralisation poussée".

Le nord du Mali a été occupé pendant plusieurs mois en 2012 par des jihadistes, qui en ont été partiellement chassés par une intervention internationale lancée en 2013 par la France, à laquelle a succédé en août 2014 l'opération française "Barkhane" qui vise l'ensemble de la zone sahélo-saharienne.

Mais la zone a enregistré depuis l'été une recrudescence d'attaques, notamment jihadistes, visant les forces maliennes ou étrangères, mais aussi les civils.

 

AFP

Ses derniers articles: Mali: 6 morts dans l'attaque d'un groupe touareg par des jihadistes présumés  Dans les townships du Cap, le quotidien de la guerre des gangs  Le Caire et Moscou signent un contrat pour la première centrale nucléaire égyptienne 

armes

AFP

Dans le Sahel, les aviateurs français prêts

Dans le Sahel, les aviateurs français prêts

AFP

Centrafrique: dialogue avec les groupes armés primordial, selon le président

Centrafrique: dialogue avec les groupes armés primordial, selon le président

AFP

Centrafrique: accord de cessez-le-feu entre groupes armés

Centrafrique: accord de cessez-le-feu entre groupes armés

Bamako

AFP

"Mali Twist": la jeunesse de Bamako dans l'oeil de Malick Sidibé

"Mali Twist": la jeunesse de Bamako dans l'oeil de Malick Sidibé

AFP

Mali: hommage aux victimes de l'attentat islamiste près de Bamako

Mali: hommage aux victimes de l'attentat islamiste près de Bamako

AFP

Mali: deux morts dans une attaque jihadiste près de Bamako

Mali: deux morts dans une attaque jihadiste près de Bamako

cessez-le-feu

AFP

Le Soudan prolonge un cessez-le-feu dans trois régions en conflit

Le Soudan prolonge un cessez-le-feu dans trois régions en conflit

AFP

Soudan du Sud: Kiir annonce un cessez-le-feu et ouvre un dialogue national

Soudan du Sud: Kiir annonce un cessez-le-feu et ouvre un dialogue national

AFP

Nigeria: les Vengeurs du Delta du Niger annoncent un cessez-le-feu

Nigeria: les Vengeurs du Delta du Niger annoncent un cessez-le-feu