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Gambie: le pays fête 50 ans d'indépendance

La Gambie célébrait mercredi le cinquantième anniversaire de son indépendance en présence de trois chefs d'Etat, des festivités ternies par des accusations de violations de droits de l'homme contre le président Yahya Jammeh, près de deux mois après un coup d'Etat manqué.

Seuls les présidents de Mauritanie Mohamed Ould Abdel Aziz, du Ghana John Dramani Mahama et de Guinée-Bissau José Mario Vaz ont fait le déplacement, ainsi que le vice-président du Nigeria et le Premier ministre du Sénégal, a constaté un journaliste de l'AFP.

Le président Jammeh, qui dirige sans partage la Gambie depuis le coup d'Etat qui l'a porté au pouvoir en 1994, dans cette ex-colonie britannique presque totalement enclavée dans le Sénégal, a lancé les festivités par un défilé des forces de sécurité et d'élèves, dans un stade près de la capitale, selon un journaliste de l'AFP.

Les manifestations vont durer jusqu'au 26 mai. Elles seront marquées mercredi par l'inauguration d'un nouveau siège du Parlement, des rassemblements de jeunes et de femmes, des tournois sportifs, des récitals de poèmes et de chants religieux, selon un programme officiel.

Ces festivités sont organisées moins de deux mois après une tentative de coup d'Etat déjouée à Banjul. 

Le 30 décembre 2014, la garde présidentielle avait repoussé un assaut d'hommes armés, dirigés par des opposants gambiens établis notamment aux Etats-Unis, contre le palais présidentiel à Banjul, alors que le président Jammeh était en voyage à Dubaï.

Depuis lors, plusieurs arrestations ont eu lieu par les forces de sécurité, qui ont multiplié les harcèlements de familles et de proches d'auteurs présumés de la tentative de putsch, selon des défenseurs des droits de l'homme.

Les forces de sécurité gambiennes, dont la redoutée Agence nationale de renseignement (NIA), ont arrêté au moins 30 personnes depuis le début de l'année, a indiqué Amnesty International dans un récent rapport.

Le chef de l'Etat gambien Yahya Jammeh avait déclaré vouloir "faire un exemple" après l'attaque contre son palais présidentiel, promettant de se "débarrasser" des meneurs "un par un, jusqu'au dernier".

 

        - 'répression brutale' -

 

Le cinquantenaire de l'indépendance est célébré alors que, depuis plusieurs années, le régime gambien est accusé de nombreux abus dont des disparitions forcées, des actes de torture et une répression de la presse.

Le responsable du principal parti d'opposition, Ousainou Darboe a affirmé mercredi à l'AFP qu'il y avait en Gambie "un recul des droits humains" depuis l'arrivée au pouvoir du président Jammeh. "C'est certainement un des aspects que nous devons améliorer" durant les prochaines années, a-t-il indiqué. 

"Les droits à la liberté d'expression et de réunion sont sérieusement entravés. Le gouvernement garde un contrôle serré sur les médias et les journalistes et les défenseurs des droits de l'homme continuent d'être arbitrairement arrêtés et détenus, et sont victimes de disparitions forcées", affirme Amnesty dans son rapport.

Le président "Jammeh peut apparaître drôle à l'extérieur du pays mais à l'intérieur sa répression brutale ne fait pas sourire. Peu de personnes osent ouvertement s'exprimer dans le pays, un des pires en Afrique en matière de droits de l'homme", a indiqué Graeme Reid, un responsable de l'organisation Human Rights Watch.

Yahya Jammeh, militaire de carrière issu d'une famille paysanne de l'ouest du pays, cultive l'image d'un président musulman pratiquant et doté de pouvoirs mystiques, dans ce pays de 1,8 million d'habitants qui accueille chaque année quelque 50.000 touristes venus essentiellement du Royaume-Uni.

M. Jammeh s'attaque en outre régulièrement aux homosexuels. Il a ainsi promulgué en octobre 2014  une nouvelle loi instaurant le crime "d'homosexualité aggravée", qui est passible de la prison à vie, selon HRW.

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