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Attentat suicide déjoué au Niger, combats entre Boko Haram et Tchadiens

Un attentat-suicide a été déjoué mercredi à Diffa, au Niger, tandis que de nouveaux combats ont opposé mercredi le groupe islamiste Boko Haram à l'armée tchadienne au Nigeria.

Le président nigérian Goodluck Jonathan doit s'exprimer dans la soirée à la télévision sur la crise sécuritaire ayant entraîné le report de l'élection présidentielle.

A Diffa, dans le sud-est du Niger, une "femme suspecte" a "foncé sur des éléments" d'une unité anti-terroriste, qui l'ont abattue "à bout portant" alors qu'elle avait "refusé de lever ses mains en l'air", d'après un rapport militaire.

"Après vérification, elle portait une charge explosive sous son hijab, mais qui n'a pas été activée", selon ce rapport lu à l'AFP, qui précise que le détachement anti-terroriste avait été "alerté" par des habitants.

Les islamistes nigérians de Boko Haram ont attaqué mercredi matin dans la ville nigériane de Gamboru (nord-est) une position de l'armée tchadienne, qui a repoussé l'assaut, a indiqué à l'AFP une source militaire tchadienne.

Selon le bilan officiel donné par l'état-major à N'Djamena, l'attaque a fait "un mort (soldat tchadien) et 11 blessés côté ami", et "13 morts" côté Boko Haram. 

"Les éléments de Boko Haram ont voulu nous surprendre en nous attaquant aux environs de 04H00 du matin (03H00 GMT). Nous étions au courant depuis la veille et étions préparés", a déclaré cette source, jointe à Gamboru depuis N'Djamena. "Ils sont arrivés avec 14 véhicules et deux blindés. Nous les avons repoussés et ils ont fui".

L'armée tchadienne avait lancé le 3 février une offensive terrestre au Nigeria contre Boko Haram en prenant Gamboru, tenue depuis des mois par les islamistes, après de violents bombardements et combats. Le lendemain, les islamistes avaient lancé une contre-attaque meurtrière contre la ville camerounaise de Fotokol, séparée de Gamboru par un pont.

Le Tchad, le Niger, le Nigeria, le Cameroun et le Bénin se sont mis d'accord samedi pour mobiliser 8.700 hommes - soit 1.200 de plus qu'initialement annoncé - dans une force militaire régionale de lutte contre Boko Haram.

Boko Haram, qui affiche sa proximité idéologique avec Al-Qaïda et le groupe Etat islamique, multiplie les raids meurtriers dans les pays voisins, comme au Cameroun et plus récemment au Niger, identifié comme cible mi-janvier par le chef du groupe, Abubakar Shekau.

 

- Jonathan appelé à s'expliquer -

 

Le président camerounais Paul Biya a réaffirmé que le Cameroun allait vaincre les islamistes, dans une allocution retransmise mardi soir à la télévision d'Etat.

M. Biya a demandé aux jeunes Camerounais de suivre l'exemple des soldats engagés sur le front depuis des mois.

"Ce combat qu'ils mènent en notre nom, au péril de leur vie, est celui de toute la nation. Avec le soutien de chacun d'entre nous, il ne fait aucun doute que nous en sortirons vainqueurs", a-t-il assuré.

Le Niger a décrété mardi soir l'état d'urgence dans la région de Diffa (sud-est), attaquée à plusieurs reprises depuis vendredi par les islamistes. Une mesure qui permet aux forces de sécurité de procéder à des perquisitions de jour comme de nuit.

"Il y a déjà des résultats. Les fouilles sont systématiques dans des maisons suspectes", a déclaré un cadre gouvernemental à l'AFP, pour qui armée et police nigériennes auraient procédé à "de nombreuses arrestations".

"Ils ont pris beaucoup de gens", a confirmé un journaliste de Diffa.

Lundi, l'Assemblée nationale du Niger avait voté l'envoi de troupes pour combattre les islamistes. Quelque 750 soldats seront envoyés au Nigeria, selon un député.

Le chef de Boko Haram, Abubakar Shekau, a promis la défaite à cette coalition qui se met en place, dans une vidéo diffusée lundi. "Votre alliance ne mènera à rien. Rassemblez toutes vos armes et affrontez-nous. Vous êtes les bienvenus!", a-t-il lancé.

Dans ce contexte de guerre dans le nord-est du Nigeria, dans cette période électorale compliquée qui a vu les élections présidentielle et parlementaires reportées de six semaines, le président nigérian Goodluck Jonathan doit répondre aux questions des journalistes et des téléspectateurs en direct à la télévision nigériane, mercredi à 19H00 (18H00 GMT).

Il s'agit de la première intervention publique du chef de l'Etat depuis le report très critiqué des élections, prévues le 14 février, au 28 mars. 

Son conseiller à la sécurité, Sambo Dasuki, a affirmé lundi à l'AFP que les élections ne subiraient pas de nouveau report, assurant que ce qui n'a pu être fait en six ans - réduire l'insurrection de Boko Haram, qui a fait depuis 2009 plus de 13.000 morts et 1,5 million de déplacés - le serait durant les six prochaines semaines.

Le report du scrutin a été très critiqué par l'opposition, la société civile et des pays occidentaux, dont les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et le Canada.

AFP

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